Concours de lecture Global Voices : ‘Comme une main amie’ de Yoro Diakité


L’école fondamentale de Fadjiugila, Bamako, Mali, a participé au concours de lecture organisé par Global Voices. A cette occasion, avec quelques élèves de la 9ème de mon école, nous avons choisi de lire « Comme une main amie » de Yoro Diakité, un auteur malien.
Voici le résumé et les réflexions des élèves après la lecture de cet ouvrage.

Résumé

Nous aurions souhaité la participation de tous les élèves, mais nous étions en congé.
Marie-Thérèse, une fille de 19 ans, issue d’une famille pauvre, décide d’aller à Paris pour se rendre heureuse et aider ses parents. Elle entreprend cette aventure dont elle n’a pas la maîtrise de tous les contours et le destin la conduit à Cannes sans connaissance et non recommandée à quiconque dans cette ville. Elle doit se débrouiller toute seule. Va-t-elle s’en sortir ? Le reste du roman nous le clarifiera.
Quelques jours après son arrivée à Cannes, plus les jours passaient, plus elle souffrait. Elle se disait de temps en temps avoir pris un risque en quittant ses parents. Malgré tout, elle continuait à s’accrocher, se rappelant toujours du proverbe que sa grand-mère aimait lancer à la figure de ceux qui veulent abandonner l’entreprise : « quand le vin est tiré, il faut le boire ». Alors, avec beaucoup d’audace et d’optimisme, Marie-Thérèse continue à chercher du travail de maison en maison, du matin au soir, et cela, sans suite favorable pendant plusieurs semaines. Le jour où la chance doit lui sourire, elle va faire la vaisselle d’après elle-même chez « une bonne dame. » La bienfaitrice, Madame Simone Durant, riche d’expérience avec une moralité religieuse fondée sur la charité chrétienne, est toujours prête à secourir les pauvres et les jeunes. Cette dame demande à la fille sa situation à cannes, les conditions dans lesquelles elle a quitté ses parents et les raisons de son aventure. Avant de répondre à la dame, Marie-Thérèse a d’abord pensé qu’elle est une des personnes qui, pour se renseigner sur la situation des gens, jettent quelques propos en guise d’appât pour mieux vous vider de votre contenu, mais elle fini par expliquer toute sa situation à la dame sans aucun mensonge.
Madame Simone Durant, ayant eu pitié de Marie-Thérèse, propose à cette dernière de passer le lendemain matin pour qu’elles aillent voir une de ses amies du nom de Paulette qui est la propriétaire d’un café appelé « CHEVAL BLANC » Ainsi, la fille rentre à la maison avec un petit espoir et le temps semblait ne pas bouger devant ses yeux.
Très tôt le lendemain matin, la fille rejoint Madame la bienfaitrice et elles partent voir la propriétaire du « CHEVAL BLANC ». Paulette accepte « la main tendue » de Madame Simone pour Marie-thérèse et elle est prise au « CHEVAL BANC » comme serveuse, d’où le titre « Une main amie ».
Ne connaissant rien dans ce domaine, la fille rencontre quelques difficultés en ce qui concerne l’accueil des clients et la manipulation du plateau, mais il faut seulement une semaine pour que la fille s’adapte à tout dans le café et elle dit : « Bien entendu j’ai su faire en une semaine comme celles qui étaient là-bas il y a longtemps»
Ainsi, elle commence à s’intégrer auprès des autres serveuses du café, du gardien et prend conseil auprès d’eux. Au cours d’une conversation entre elle et le gardien, un homme que Marie-Thérèse trouve trop utilisé par le patron, par rapport à sa rémunération, elle évoque intérieurement ceci : « Il faut se plier aux conditions du moment, le temps d’avoir des forces » Cette force qu’il souhaite tant lui viendra-t- elle à temps? Lui qui a cinquante année passée ! C’est à douter ! Mais viendra-t-elle à d’autres hommes qui pensent comme lui ? Je souhaite que cela soit car avec elle viendra le signe précurseur de la liberté et du bonheur.
Pendant un jour de repos, Marie-Thérèse revient rendre une visite de reconnaissance à Madame Simone et elle dit: « A peine ai-je sonné qu’elle m’ouvrit tout suite comme si elle s’attendait à ma venue ». La causerie commence.
Pour réponse au remerciement de la fille, la bienfaitrice dit : « Je me devais de mettre mes relations à profit, en vue de vous aider, ainsi va la vie » et elle continue : « la vie est si simple qu’il suffit d’un peu de compréhension, de bonne volonté, de la part des uns et des autres pour procurer à chacun une meilleure existence ». Plus loin elle ajoute : « Ce qui restera immortel après chacun de nous sur la terre, ce n’est pas tous les biens matériels que nous y aurons laissés, mais l’amour avec lequel nous nous serons dévoués à la cause des âmes en détresse. Les larmes de nos semblables doivent être les nôtres, si nous avons les moyens de les essuyer, nous apportons un grand soulagement à nous-mêmes. »
Quelques temps après Marie-Thérèse rentre à la maison pour continuer avec son travail au café le lendemain. Au café, elle prend pour amie la caissière du nom de Anne-Marie, une fille timide avec toujours l’air pensif. Elle lie amitié avec Anne-marie pour découvrir les raisons de la timidité de cette dernière. Après un bon moment d’amitié entre les deux filles, Alain, un fidèle client de « CHEVAL BLANC » cherche à marier Marie-Thérèse qui accepte après beaucoup de mois d’hésitation.
Une nuit, Alain et son ami invitent les deux filles à une soirée dansante. Les deux couples vont danser un morceau de Zouk. Anne-marie, entre les bras de l’ami d’Alain, en dansant, n’arrête pas de laisser couler les larmes et la soirée prend fin pour les quatre amis. Le lendemain étant dimanche, Marie-Thérèse se rend chez Anne-Marie et c’est là que cette dernière lui évoque les raisons de sa timidité.
« Je dansais avec l’ami de votre prétendant, entouré de ses bras, il me chuchotait des mots doux aux oreilles comme d’autres hommes l’ont fait à ma mère quand elle était en pleine jeunesse. A cause de sa beauté, tous ses besoins étaient satisfaits par les hommes parce qu’ils avaient besoin de son charme et de son joli corps. Ma mère, ne sachant pas faire la différence entre amour et vice, s’est laissée à leur portée et a fini par être enceintée sans connaître le vrai auteur de l’acte. Alors, tous ces hommes se sont éloignés. N’ayant personne pour l’entretenir, ma mère finit par vivre sous un pont où elle accouche, dont je suis cet enfant. Marie-Thérèse, c’est ça la raison de mon silence….»
Marie-thérèse se marie à Mr. Alain, peu de temps après, ce dernier est muté à Dakar au Sénégal comme chef de poste de station de pompage en signant un contrat qui le liait au énergies AOF.
Là commence une nouvelle vie : aller vivre en Afrique, un continent différent du continent européen de par sa culture, tradition, civilisation et mode de vie.
Marie-thérèse, qui répondait à chaque appel de sa patronne par « oui, patronne », est à son tour, répondu par d’autres « oui, patronne » car en tant qu’épouse du chef de poste de station de pompage, elle a des boys et des bonnes à sa disposition.
Marie-Thérèse va alors lier amitié avec une de ses « bonnes à tout faire » du nom d’Oumou et qui vient d’un village non loin de Dakar au Sénégal. Pendant les dimanches, Oumou et sa patronne vont rendre visite aux parents au village. Sur le chemin, Oumou et sa patronne entreprennent une causerie d’échange sur la culture européenne et africaine. Chacune défend la sienne : pourquoi cela en Afrique ? demande toujours la patronne, et comment ça se passerait en Europe toujours demande aussi Oumou, après avoir donné des arguments convaincants à sa patronne qui, encore à son tour, donne des explications à Oumou.
Parmi ces sujets sont abordés :
Les raisons de la circoncision des jeunes garçons par groupe d’âge, le rapport entre le jeune garçon et les femmes avant et après la circoncision, les raisons de la polygamie en Afrique, les raisons qui doivent pousser une femmes à accepter une autre femme comme co-épouse, les raisons qui font qu’en cas d’accident en Afrique, on porte toujours assistance aux victimes au lieu d’attendre d’attendre la protection civile, les raisons qui font qu’en Afrique, on se confie toujours aux fétiches en cas de problèmes tels que le pressentiment d’une mauvaise pluviométrie ou d’autres catastrophes naturelles etc.
Pour ne pas pouvoir tout citer, ceux-ci sont quelques thèmes abordés par Oumou et sa patronne, une grande scène d’échange de culture, de civilisation et de mode de vie qui fait comprendre à chacune d’entre elles, la diversité culturelle et la nécessité pour chaque personne de se connaître et de connaître l’autre avant de le condamner aveuglement dans ses pensées.
Chaque petite société a sa propre réalité propre à elle qui justifie son comportement et son mode de vie. Chercher à connaître ce qu’est l’autre est le meilleur chemin pour faciliter la mondialisation et l’intégration universelle.

Réflexion de quelques élèves

Fanta Traoré :

L’audace et l’optimisme de Marie-Thérèse a fait qu’elle a pu réussir
[…]
sa patience dans le café m’a beaucoup plus, elle n’a aucun jour répondu aux moqueries des autres serveuses du café l’appelant toujours la campagnarde

Fatoumata Daou :

J’ai vraiment beaucoup appris dans ce roman, surtout la différence de culture entre l’Afrique et l’Europe évoquée au cours de la causerie entre Oumou et Marie-Thérèse

Bourama Diarra :

A partir d’aujourd’hui, je saurais que quelque chose manque toujours à chacun, je l’ai su par le fait que Madame Simone Durant, malgré sa bonté, sa générosité et toute sa sagesse et sa foi religieuse, souffrait aussi de la mort de son mari et de son manque d’enfant

Soumaila Ballo :

Si la fille avait menti à Madame Simone quand celle-là lui a demandé sa situation et les conditions de sa venue en ville, elle perdrait l’aide de cette précieuse main qui a fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui, donc, il n’est pas bon de mentir

Daouda B coulibaly :

Je ne suis pas du tout content du monsieur qui a profité de la beauté de la mère d’Anne-Marie et l’a laissée souffrir et accoucher sous un pont, dont l’enfant est Anne-Marie


Pour plus d’information
sur le concours de lecture organisé par Global Voices.

Concours de lecture Global Voices : 'Comme une main amie' de Yoro Diakité

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4 réflexions au sujet de « Concours de lecture Global Voices : ‘Comme une main amie’ de Yoro Diakité »

  1. Bravo, mon petit Barbare (pardon, Bambara). Tu es le premier pour une fois faire queque chose de positif.

    Si tous les profs prenaient leur travail aussi sérieusement que toi, c’est sur que le Mali porra atteindre tous lesObjectifs du Millénaire pour e dév..

  2. Merci Boukary pour cette introduction à la littérature malienne, que je ne connaissais pas du tout!

    Salutations à ta classe de l’autre bout du monde!

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