Le ton villageois (section 2), au Mali


Avant de continuer, je commence parler expliquer un peu le mot « tɔn ».
La bonne prononciation de ce mot en bambara est « ton », mais comme nous rémarquons, certains mots changent de sonorité au fil du temps.
« Ton » veut dire aligner les choses sur une même corde avec égalité. Exemple: Ka kɔnɔn ton ( mettre les dés d’une chaine en ordre sur une même corde).
Alors « tɔn » en bambara a le sens de mettre les jeunes du village en association avec égalité et transparence comme s’ils sont alignés sur une même corde. Ils sont appelés « tɔndenw » les membres de l’association et leurs chefs sont appelés « tɔntigiw » les présidents de l’associations. Tout cela existe chez
Pour la suite de l’article:
Au-dela de la culture des champs du village, le ton villageois peut aller cultiver les champs dans d’autres villages s’ils sont sollicités par des personnes dans ces village. Les activités du ton villageois n’ont pas de frontière, sur simple demande et accord sur le prix, ils vont travailler partout.
Au-déla des travaux dans les champs d’autrui, le ton villageois cultive leur propre champ. Ils choisissent un jour dans la semaine, dimanche ou vendredi pour aller cultiver ce champ. Ainsi chaque dimanche ou vendredi est reservé dans le village pour travailler dans ce champ et là, tous les jeunes du village s’y retrouvent. Pendant ces activités de l’association, si quelqu’un vient en retard, fait du mauvais travail ou commet une erreur, il est sanctionné par les « sofas ». Chaque semaine, ils tiennent une réunion sur la place publique du village pendant la nuit aucour de laquelle chacun paye ce qui lui attribué comme sanction soit en kola, en bonbon ou en argent, ça depend.
Généralement ces réunions se tiennent la nuit après le marché hebdomadaire car cela trouve que chacun a eu à mettre un peu d’argent dans la poche au marché.
Après la batail du mil, avant que les jeunes ne partent pour l’exode rural, le ton villageois decide un jour pour une fête annuelle qu’on appèle la « fête du ton villageois. » Ce jour decidé, tous les jeunes du village commencent à informer leurs collaborateurs et amis des villages environnants. Les femmes du village commencent à fermenter l’eau tirée du fruit de « ɲunan » (un arbre sauvage dont l’eau du fruit fermentée sert de boisson pendant les fêtes au village. Chacun se prépare dans le village pour la fête.
Quand le jour de la fête arrive, ils égorgent les chèvres qu’ils ont obtnues lors de leurs travaux champêtres, et préparent de la nourriture partout. Le petit soir, on instale les chaises, la lumière et le micro sur la place du village. Après les répas du soir, les populations, toutes joyeuses, bien habillées, se retrouvent sur le lieu et la fête commence. Ils jouent du balafon, ils chantent, ils dansent, ils boient le « ɲunanji » (la fermentation de l’eau de « ɲunan »). Pendant la journée aussi, ils jouent au tam-tam, dansent et tout est joie parout et c’est comme ça jusqu’au laube. Plus la nuit avance, plus les invités arrivent, se dirigeant d’abord vers leurs familles d’accueil pour garder leurs motos ou vélos, manger puis rejoidre la fête. La place se bonde de personnes jusque sur les toits des maisons. La journée encore ils continuent avec la fête et cela pendant 3, 4 à 5 jours en dansant les morceaux suivants: « bɔnjala », « bara » et ka « janjigi » des femmes que certains hommes dansent également. Hommes, femmes, jeunes et mêmes les vieux dansent. Dans le village en ce moment, on danse, on mange, on boit. Haaa, c’est la joie!
Le dernier jour de la fête, le ton villageois va saluer Nɛɛnɛ. C’est une vieille femmes choisie comme présidente des femmes, mais on choisit une femme sage qui a le sens élevé de la solidarité, de l’union, de la paix et de la concorde.
Son rôle est de bien diriger les autres femmes du village, les conseiller, intervenir en cas d’incompréhension entre les jeunes mariées et leurs maris avant que cela n’atteigne le niveau des hommes. C’est cette femme qui est appelée Nɛɛnɛ. C’est un titre et elle est appelée comme ça durant son mendant.
Le ton villageois va lui rendre visite ce dernier jour de la fête vers le petit soir pour la féliciter et la remercier pour son travail accompli, l’encourager pour sa conduite, lui faire des louanges et des bénédictions. Là-bas aussi, Ils chantent, dansent surtout ce jour, les femmes dansent beaucoup. C’est la fin de la fête et chacun rentre chez soi.
A suivre

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