La lune, l’ami des enfants au village


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Le jour et la nuit sont presque les mêmes pour les enfants de la ville. Soleil le jour, les ampoules la nuit, les enfants en ville ne remarquent presque pas la lumière de la lune sauf en cas de coupure d’électricité. Ce n’est pas le cas au village où les enfants, depuis à bas âges, contemplent la lune pour se rassurer quand est-ce la lumière va remplir le cercle que la lune s’est tracée autour dès le premier jour.

L’enfant au village, sans avoir besoin de calendrier, sait qu’il doit s’amuser dans la lumière la nuit pendant 15 jours. Pendant ces 15 jours de claire de lune, le village est très bruyant sur la place du village par les enfants dans leurs jeux. A la fin du repas le soir, tous les enfants du village se retrouvent sur la place publique. Au moment où les filles chantent et dansent, les garçons jouent aux jeux de cache-cache. L’un d’entre les petits garçons, pour taquiner les filles, vient se mélanger en elles et, soudain, on attend des « bas, bas, bas, bas » sur le dos du jeune garçon comme si quelqu’un est en train de battre un âne étranger voulant s’abreuvoir dans la grande jarre familiale. Tous ces coups, le jeune garçon, le gentleman, les accepte et tout cela pour montrer qu’il est le seul pouvant taquiner les filles et accepter les conséquences.

Quelques fois, quand les coups deviennent trop durs pour lui, le gentleman crie comme si un gros caillou vient de tomber sur ça tête. Il pleure, la batail commence entre la fille et le garçon et soudain, la maman de celui qi a crié apparait au milieu des enfants comme si elle y était il y a longtemps. Les jeux, les chants, la danse s’arrêtent et la justification commence entre les deux querelleurs. La sage femme, la mère du petit garçon, écoute tout le monde même si elle ne comprend rien dans ce brouhaha crée par les enfants où chacun veut parler en soutenant son ami(e). La sage mère, la mère de tous ces enfants sur place selon la société et la tradition, conclu par donner des conseils aux enfants et rentre se coucher chez elle. Ce conseil ne suffit pas parce que quelques minutes après, une autre fille crie: « mes yeux, mes yeux, il a mis de la poussière dans mes yeux » et le pleure s’accompagne d’injures à l’intention d’un autre jeune garçon et du coup, on voit une très vieille dame se diriger vers les enfants comme un canard qui cherche ses petits. C’est la grand-mère de la petite fille qui a crié. Elle vient à trois pattes, deux jambes et un bâton. Elle tente de crier fort, mais l’âge a déjà donné repos aux mâchoires et la langue dans la bonne articulation des mots et les yeux ne peuvent plus bien voir. Elle ne cherche pas à comprendre. Elle cherche à taper tous les enfants et pour cela, en soulevant sa troisième patte, elle titube, les enfants se cherchent et rient d’elle et la guerre infantile est terminée. Les jeux recommencent. Avec une injure à l’adresse de ses petits enfants, grand-mère, avec ses cheveux tout blancs comme un champ de coton mûr, rentre et les enfants créent automatiquement une chanson qui accompagne sa démarche.
Pendant ces 15 jours de bruits, de jeux, de querelles et de joies avec les enfants, nous pouvons dire que « nos mères » dorment très tardivement parce que chacune, même couchée, veille sur nous et nous contrôle par télépathie. Je dirais télépathie, parce qu’il suffit d’un moindre crie d’une petite fille ou d’un petit garçon parmi nous pour que sa maman apparaisse au milieu des enfants comme si elle était là-bas depuis longtemps. Je me pose toujours la question de savoir comment nos mamans arrivent à identifier nos voix depuis que nous sommes tout petits.
A une heure avancée de la nuit, les enfants décident de rentrer à la maison et un chant annonciateur de la fin des jeux prouve du coup aux parents que les enfants vont venir se coucher bientôt:

« Poussière de jeux, quitte mes pieds, poussière du sommeil, accompagne moi au lit ».

Les petites filles chantent ce morceau en chœur, en sautant et chacune se dirige vers chez elle. Du coup, on dirait que le moteur du jeu des jeunes garçons s’est arrêté ! Chacun, moisé, prend son vieux boubou qu’il avait déposé sur le mirador et se dirige vers la chambre de sa maman pour aller se coucher. Ils donnent tous au revoir à la claire de lune jusqu’au lendemain nuit.

A suivre pour ce qui se passe quand il fait obscure, c’est à dire, la deuxième quinzaine du mois où il fait très sombre.

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