Quelques fois nous sommes fautifs, nous les parents


Souleymane, parent d'élève.

La baisse de niveau et le non respect à l’école entre les élèves et les enseignants deviennent de plus en plus un problème crucial.
Chacun l’interprète en sa manière. Beaucoup de parents et d’élèves font des commentaires à leur faveur, mais la vision de Souleymane, un jeune parent d’élèves à Bamoussobougou s’auto- accuse.

Souleymane :

« Aujourd’hui, j’ai peur, j’ai beaucoup peur pour l’avenir de nos enfants… Tout le monde n’a pas la chance d’aller à l’école à présent. A notre génération, nous qui avons eu la chance d’aller à l’école et qui n’avons pas réussi, nous le regrettons beaucoup. Aujourd’hui, beaucoup d’enfants ont la chance d’être inscrits à l’école. C’est une chance pour eux, mais ils ne le savent pas parce qu’ils n’exploitent pas cette chance.

Chacun interprète les problèmes de l’école en sa manière, mais moi je situe une grande responsabilité au niveau des parents. Nous aimons beaucoup nos enfants, ils sont surprotégés. Nous avons laissé toute l’éducation des enfants entre les mains des enseignants à l’école. A la maison, on ne s’occupe bien de ce domaine. Ici en famille, ils font avec nous tout ce qu’ils veulent. Comment voulez-vous qu’ils aient peur des enseignants à l’école. Et puis, nous envoyons les enfants à l’école, on ne les suit pas. Durant toute l’année, rare sont des parents qui font un ou deux tours à l’école pour se rendre compte du comportement de son enfant ou sa manière de travailler. Certains enfants d’ailleurs profitent de ça pour rester en cour de chemin. Ils quittent à la maison, ils n’arrivent pas à l’école et à la fin de l’année, ils ne passent pas et ils viennent nous mentir sur les enseignants.
Le plus grave dans tout cela, c’est que certains parents croient à tout ce que leur enfant dit sur son enseignant alors qu’il est conscient que du début à la fin de l’année, il n’a jamais contrôlé le cahier de son enfant ni contrôlé ses moyennes. Ce n’est pas à la fin de l’année qu’il faut se présenter à l’école parce que c’est trop tard. Les parents doivent aider les enseignants dans leur tâche éducative en accomplissant ce que la famille doit faire, en surveillant l’enfant à la maison et à l’école, en contrôlant son travail, son comportement et autres.

Mais bon, nous aimons tellement nos enfants que nous préférons maintenant leur échec à leur réussite parce que laisser l’enfant à lui-même à l’école sans le contrôler, c’est de ne pas être surpris quand il échoue! Je dis cela parce que, au cours de l’année, avec le nombre de fois qu’on les voit avec un cahier pour apprendre, on sait bien que cela n’est pas suffisant pour qu’un élève passe à la classe supérieure ou à un examen et pourtant, on ferme les yeux, on ne dit rien.
La situation m’inquiète beaucoup aujourd’hui surtout dans les localités rurales ici où certains enfants scolarisés se croient déjà citadins et refuse tout »

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Une réflexion au sujet de « Quelques fois nous sommes fautifs, nous les parents »

  1. Bien raconté Boukary. C’est la tragique réalité. Que peuvent faire d’autres les parents quand ils sont appelés par d’autres urgences dont la moindre n’est pas la lutte pour trouver la dépense quotidienne ? Que faire d’autres quand tout dans l’environnement immédiat est exigence, demandes, pression ? Ou trouver la paix ?
    Par ailleurs, au Burkina, sur 100 enfants qui rentrent à l’école, un seul arrive à l’université. Que font, que deviennent les autres ? Quelqu’un a-t-il la solution ?
    Bonne chance nous tous comme on dit.
    W.

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