Effets climatiques : les paysans de la Région de Ségou s’inquiètent


Du fumier dans un champ au village

Du fumier dans un champ au village

 » Nous commençons à nous inquiéter. Nous n’avons pas encore reçu de quantités de pluie nous permettant de commencer à semer alors que nous tendons vers la fin du mois de juin. Nous ne savons vraiment pas comment expliquer cela », s’exprime Karamoko en ces termes. Karamoko est un jeune paysan de 41 ans de la commune rurale de Cinzana-Gare. Il vient de rentrer de la Côté d’Ivoire pour les travaux champêtres.

Karamoko est un ami du village. De temps en temps, je lui téléphone pour prendre les informations sur la situation hivernale dans la Région de Ségou. La communication de ce soir n’a pas été aussi agréable parce que  Karamoko avait un langage un peu désespérant par rapport à la condition pluviométrique. Selon lui, l’an passé, cette période a trouvé qu’ils avaient déjà commencé la semence, mais cette année, ce n’est pas encore le cas parce qu’ils n’ont eu aucune quantité de pluie leur permettant (je cite) :  » de  mettre les grains dans les trous au champ. » Selon Karamoko, toutes les conditions habituelles sont réunies pour commencer à semer : Les cigognes sont là, les petits insectes indicateurs de la période hivernale ont pris leur couleur rougeâtre, le vent se dirige vers l’Est la nuit, les petites pluies fines permettent aux termites de ronger les anciennes tiges et aux petites herbes de pousser sont tombées.  Plusieurs fois vers le petit soir, le ciel devient nuageux, on espère et du coup, un vent frais se dirigeant vers l’Ouest balaie les nuages et le ciel devient encore claire sans faire tomber aucune goûte de pluie. Nous attendons vraiment de la pluie avec impatience et dès qu’il pleut, on va commencer les travaux champêtres avec force pour tenter de rattraper ce temps perdu.

Plus Karamoko parlait, plus j’avais peur et j’ai du coup pensé  aux effets du changement climatique que les paysans au village ne connaissent pas.  Ce qui fait qu’il est difficile pour eux et pour moi de connaitre les causes et les conséquences de ce retard dans les activités hivernales. Ainsi, après avoir raccroché avec Karamako, j’ai directement appelé M. COULIBALY, ingénieur agronome à la station de recherche agronomique de Cinzana –Gare pour qu’il nous donne des explications claires par rapport à cette situation qui inquiète beaucoup.

Selon lui,  ce retard de pluie est dû aux effets du changement climatique et que les paysans n’étant pas suffisamment informés sur ce sujet, ils ne peuvent pas comprendre. Les paysans utilisent toujours les indicateurs naturels et traditionnels pour se situer par rapport au temps. Mais, à cause du changement climatique, ces indicateurs ne répondent plus correctement, ce qui fait qu’ils s’inquiètent dès qu’ils sortent de ce délai. Selon toujours M. COULIBALY, il n’y a pas lieu de s’inquiéter parce que pour le moment, il n’y a aucun signe indiquant un danger. Il va commencer à pleuvoir, les paysans vont semer et les champs seront à jour, c’est juste un décalage dans le temps.

Cette réponse de l’agronome m’a rassuré et a rassuré karamoko quand je l’ai appelé pour lui donner ces explications.

Vous pouvez aussi en commentaires, donner vos points de vue que je vais partager avec les paysans au village.

Publicités

3 réflexions au sujet de « Effets climatiques : les paysans de la Région de Ségou s’inquiètent »

  1. B.Y. COULIBALY
    Aujourd’hui l’inquiétude est à son paroxysme. Le 17Juillet la zone de Cinzana-gare a reçu une grosse pluie permettant aux paysans de faire quelques semis. Pus d’une semaine, la zone n’a plus reçu de pluie. Les grains semés poussent péniblement et les paysans attendent toujours la pluie.
    Agronomiquement les zones agricoles sont dans la campagne agricole mais le retard de pluie est un phénomène météorologique dont l’explication se trouve au niveau de la Météo.
    Toujours pas de pluie, nous implorons le Bon Dieu pour qu’il nous donne de la pluie car on n’a pas d’autres moyens.
    QUE DIEU EST PITIE DE NOUS. AMINA…

  2. Le conseil en tant que acteur de la situation que je peux donner aux paysans est l’utilisation des variétés améliorées précoces au niveau de toutes les cultures, des variétés ne dépassant pas 90 jours maximum. Les paysans peuvent utiliser soit de la fumure minérale ou organique en microdose.
    La microdose est l’utilisation d’une petite quantité de fumure nécessaire pour le développement des plants dans le poquet ou autour du poquet. Pour l’engrais DAP c’est 2g/poquet pour le mil, sorgho et niébé. Pour la fumure organique selon la disponibilité 250g ou 500g/poquet. Le poquet est le trou de semis.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s