Ces pluies qui interpellent les autorités communales bamakoises


Les populations de Bamako circulant dans l'eau après de fortes pluies

Les populations de Bamako circulant dans l’eau après de fortes pluies

Depuis les inondations meurtrières qui ont frappé plusieurs quartiers de Bamako avec plus d’une trentaine de morts et des centaines de sans abri, les populations de Bamako s’inquiètent à chaque fois que des gouttes de pluies commencent à tomber sur la capitale malienne, craignant la reprise de la même tragédie. Au début de chaque pluie, les populations restent très vigilants et se passent des informations par rapport aux traces d’inondation ça et là.

Pour la pluie d’hier,  Mohamed Ould Mamouny nous signale des débuts d’inondation  à Banconi sur son compte tweeter:

@OuldMamouny:

Les deux ponts de Banconi (#Bamako) inondés ce matin suite à la pluie diluvienne. Quelques degâts matériels constatés. #Mali.

Et, korofina, en réponse à cette annonce, demande si le gouvernement a donné une alerte d’évacuation des populations sur les lieux:

@korofina2:

@Fasokan Est-ce qu’il y a des avertissements d’évacuation donnés par le gouvernement?

Voici une vidéo montrant les populations de Bamako circuler dans l’eau sur les voies publiques, quelques heures après la pluie.

Ce tweet de Mamadou Koumaen temoigne également :

@kmamadou

#Bamako Quand il pleut un peu seulement l’eau a du mal à trouver son chemin. #ProblemeDevacuationDeau

Caniveau non entretenu dans le quartier de sangarébougou à Bamako

Caniveau non entretenu dans le quartier de sangarébougou à Bamako

Les idées divergent sur les causes de cette inondation 

Phénomène naturel ? Oui, comme l’on aime dire en pensée africaine : « ce qui doit arriver, arrive ! » Mais suite à des tragédies de ce genre, l’on doit se demander ce qu’on pouvait faire avant et qui aurait pu nous permettre de l’éviter.

Insuffisance   de caniveaux à travers la ville et manque d’entretien des canaux d’évacuation d’eau existants ? Il y a insuffisance de caniveaux  à Bamako pour faire évacuer l’eau qui tombe sur la ville.  Les caniveaux qui existent à travers la ville sont mal entretenus et alors sont bouchés, ce qui fait que l’eau ne coule pas normalement et cela provoque des inondations.  Dans les caniveaux et sous les petits ponts à travers les quartiers, nous voyons des petites digues de sable ça et là qui blogue le passage de l’eau. Ainsi, l’eau déborde les caniveaux et fait écrouler des maisons  surtout dans les quartiers périphériques où la plus part des constructions est faite en banco.

La construction anarchique des maisons sans permis de construction et le schéma directeur d’urbanisation de la ville?

Oui ! A Bamako, plusieurs propriétaires de maison construisent sans se donner la peine de remplir les formalités c’est-à-dire, chercher à obtenir le permis de construction et suivre le schéma directeur d’urbanisation de la ville. Ainsi, les maisons sont construites partout, même sur des sites facilement inondables, quelques fois au bord même des caniveaux.

L’incivisme des populations à jeter des ordures dans les caniveaux ?

Dans beaucoup de quartiers à travers la ville de Bamako, nous constatons que les populations déversent les ordures ménagères, les déchets plastiques et des objets inutilisables   dans les caniveaux. Cela bloque le passage de l’eau et provoque également les inondations.

Route non entretenue: goudron totalement caché avec le passage du sable

Route non entretenue: goudron totalement caché avec le passage du sable

Alors, à qui la faute ?

A l’analyse détaillée des choses, la responsabilité se situe au niveau non seulement des autorités communales, mais aussi au niveau des populations. Les autorités communales n’accomplissent pas pleinement leurs rôles en la matière : il est du rôle des autorités communales de creuser des caniveaux à travers la ville et d’entretenir les canaux d’évacuation d’eau. Contrairement à cela, l’entretien des voies publiques n’est pas suffisamment faite,  ce qui est d’ailleurs une des raisons de la dégradation des voies publiques à Bamako. Les fossés, les passages des eaux de pluies ne sont pas débouchés.  Mais, dans tout cela, « quand on dit quelque chose aux beaux parents de Gna (nom de femme au Mali), on doit aussi dire à Gna, sa part de responsabilité des les conflits familiaux », selon un proverbe Bambara. Oui, toujours le gouvernement, toujours les autorités  communales, mais tout es bien ce que nous faisons nous-mêmes ? La question mérite d’être posée car nous devons toujours nous souvenir que les objets ne s’entretiennent pas. Il est indéniable que nous bouchons nous-mêmes les caniveaux avec les ordures ménagères et les déchets plastiques et cela devant tout le monde et personne ne parle, personne ne peut parler, craignant les sales mots  venant de ceux qui le font. Le rôle des autorités des communales est de creuser les caniveaux et de les entretenir, mais nous devons aussi savoir que les conséquences de les boucher avec nos actes quotidiens, tombent d’abord sur nous. Ceux qui achètent des lots sur les sites inondables et les construisent sans permis de construction, sans suive schéma directeur d’urbanisation de la ville doivent  savoir que ce sont eux d’abord, les premières victimes en cas d’inondation.

Serieusement difficile pour les habitants de Sangarébougou de traverser ce pont totalement dégradé par de grands trous au milieu

Sérieusement difficile pour les habitants de Sangarébougou de traverser ce pont totalement dégradé par de grands trous au milieu

Les autorités communales ne sont-elles pas responsables de tout cela ?

A l’analyse globale des choses, les flèches des différentes responsabilités pointent sur les autorités communales. Elles doivent non seulement accomplir leurs devoirs de creuser et d’entretenir des caniveaux, construire des ponts et les entretenir, mais également prendre des mesures contre ces gestions quotidiennes non conformes aux normes d’une ville saine, non conformes aux normes du schéma directeur d’urbanisation de la ville pour que les soient dans l’ordre.

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6 réflexions au sujet de « Ces pluies qui interpellent les autorités communales bamakoises »

  1. Une tres belle analyse!
    Je pense aussi que les populations st les premiers responsable car si l’on voit qu’un tel devient maire, c’est garce a leurs voix. Alors si jamais qu’un maire ne fait pas son boulot com il le faut, sortez et demandez son depart. Cessons de le critiquer ds les grins, reagissons vite! Car ns sommes les premiers victimes. Cela concerne toutes les autorites communales du pays, dont la plupart ne font que s’enrichir au dos de son peuple meurtri. Dans ns villages, c’est encore pire. J’esper Moussa mara et son equipe feront tt pour une belle urbanisation de la capitale et partout au mali

  2. Merci Banjugu daraame , pour ce commentaire. « la viande est dure, le couteau n’est pas tranchant », c’est notre cas au Mali. Les choses sont compliquées et chcun va comme il veut sans chercher à connaitre les raisons et de les soigner, mais critiquer les autres dans les grins!

  3. Ping : Réparation du petit pont dégradé de Sangarébougou par les jeunes du quartier, un acte citoyen à encourager | FASOKAN

  4. Ping : Réparation du petit pont dégradé de Sangarébougou par les jeunes du quartier, un acte citoyen à encourager | Les informations depuis les villages maliens

  5. Ping : car sale japan

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