Afripedia, une bibliothèque virtuelle pour les enseignants au pays dogon

Formation des enseignants à Afripédia au Mali par @fasokan

Formation des enseignants à Afripédia au Mali par @fasokan

La motivation des enseignants de l’école de Kamma, l’intérêt, le sentiment et la satisfaction qu’ils ont éprouvés face à la mise à leur disposition de l’outil de wikipédia consultable hors ligne, permet de dire que l’objectif a été atteint avec l’installation d’Afripédia sur 52 ordinateurs aux groupe scolaire de Kamma et au lycée de Bandiagara. Lire la suite

Poyi : yeelen duganbali

DSCN5023Ne ma fɛn wɛrɛ fɔ, fɔ kalan,

I y’an kalan n’an ka kanw ye,

Hɔrɔnya kɛnɛba kan.

N’u ko balikukalan, ne ko kalan,

N’u ko mɔrikalan, ne ko kalan.

Nansarakalan, kalanjɛ …

Fasoden cɛmanw ni musomanw,

Demisɛnw ni maakɔrɔw,

Kalanbaliya ye dibi ye…

Dibi min ka bon ni su dibifin ye,

Walasa kɛnɛya ka sinsin,

Dunkafa ka sabati,

Jamana in ka diya ntamana ntaman,

Kalan jansa filɛ, wa aw bonya filɛ.

Journée Internationale de la Langue Maternelle: allocution de Madame la Directrice de l’Académie Malienne des Langues

DSCN4984Madame le Ministre de l’Education Nationale,

Messieurs et Mesdames les membres du Gouvernement ici présents,

Messieurs les anciens Ministres ici présents,

Monsieur le Secrétaire Exécutif de l’Académie Africaine des Langues

Monsieur le Représentant Résident de l’Unesco à Bamako,

Monsieur l’Administrateur Général de la Fondation KARANTA,

Monsieur le Gouverneur de la Région de Koulikoro,

Mesdames et Messieurs les membres Cabinet du Département de l’Education Nationale

Monsieur le Secrétaire Général de la Commission Nationale Malienne pour l’Unesco,

Monsieur le Directeur de l’Académie d’Enseignement de Kati,

Monsieur le Maire de la Commune de Siby,

Honorables invités,

Chers participants, sympathisants des langues nationales,

C’est un réel plaisir pour moi de vous souhaiter, au nom de tous mes collaborateurs, la bienvenue à cette cérémonie qui célèbre la Journée Internationale de la Langue Maternelle.

Comme vous le savez déjà, la 30ème session de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la culture (Unesco) a dédié le 21 février à la langue maternelle. Cette dédicace est signe d’attachement après une prise de conscience du rôle que jouent les langues maternelles dans tout processus de développement durable.

Malgré vos agendas que je sais chargés, vous êtes venus nous porter témoignage de votre intérêt. Soyez-en remerciés.

Honorables invités, chers amis des langues,

Au plan international, cette année, l’Unesco a choisi comme thème de la journée : « Langues locales pour la citoyenneté mondiale : zoom sur la science. »

Le thème jure de lever le défi de la compatibilité entre le vocabulaire scientifique – complexe, variant, divers, étendu – et le vocabulaire qu’il y a dans nos langues locales. Les spécialistes le savent, celles-ci traduisent allègrement la médecine, la physique, la mathématique supérieure, l’informatique, la sociologie, le droit, que sais-je ! Autant que le français, l’anglais, l’allemand, l’arabe,  le chinois, le russe ou l’espagnol, nos langues locales sont aptes à lever tous les défis que leur lanceraient les experts en savoirs traditionnels ou en savoirs modernes.

Au niveau national, l’Académie traitera le thème suivant : « Investissement dans nos langues maternelles : facteur de développement endogène durable ». Plusieurs raisons soutiennent ce choix. Parmi les plus percutantes, retenons quelques-unes :

  • La langue maternelle est un outil pédagogique certain. Si l’éducation prime le développement, la langue, en particulier la sienne propre, prime l’éducation. Elle facilite et encourage l’acquisition du savoir. Enseignez dans le médium de l’apprenant. Parlez-lui en bamanankan, en fulfuldé, en soŋay, en dͻgͻsͻ, en tamashayt, en syenara, en mamara, en bomou, en bozo, en xansongaxanŋo, en maningakan, en soninke. Parlez-lui brassant sa culture avec les cultures nationales et internationales : très vite, vous construisez un homme éclairé, un homme enraciné dans sa culture, un homme de demain, un homme prompt à se prendre en charge et à développer sa localité et sa nation.
  • La langue maternelle est un moyen d’intégration sociale et d’instauration de la paix. Partagez la même langue ou les langues d’un même terroir ; vous partagerez les mêmes cultures. Et partageant les mêmes cultures, vous cultiverez, sans doute, tout l’humain : l’amour de l’autre, le respect mutuel, la solidarité, la tolérance.
  • La langue maternelle est un instrument de développement social et économique. Traduisez tous les outils de développement dans les langues locales. Tenez vos colloques, vos conférences, vos débats dans les langues locales. Instruisez les collectivités locales avec les langues locales. Le chemin du planificateur de développement croisera, j’en suis sûre, celui du technicien : le paysan, l’artisan, l’ouvrier, l’enseignant…
  • La langue est un puissant facteur d’unité nationale. Comme à la Tour de Babel, ceux qui parlent la même langue ou ceux qui parlent les langues du même milieu appartiennent à la même nation. Forcément, ils bâtiront un destin commun.

Honorables invités, chers défenseurs des langues nationales,

Le jeu n’en vaut-il pas la chandelle ! Il faut investir dans les langues nationales. Non pas que l’Etat et les partenaires financiers ne s’y soient pas investis. Nous saluons le sacrifice consenti par la nation. Mais c’est parce qu’une langue, maternelle, porte le gage du développement endogène. Le type de développement qu’elle induit s’inscrit dans la permanence. Il s’inscrit dans la constance. Il est un combat éternel. Et comme tel, il va au-delà des volontés, même pieuses. Il se situe au-delà des discours, politiques ou non. Il interpelle et impose l’action. Il s’attaque à toutes adversités susceptibles d’enrayer ou de ralentir sa victoire.

Honorables invités, chers compagnons de lutte pour les langues,

Pour les efforts passés et à venir, je remercie vivement l’Etat malien, tous les partenaires techniques, tous les bailleurs de fonds qui nous ont soutenus dans nos combats quotidiens.

J’adresserai un merci spécial à l’Unesco pour avoir institué cette journée, Journée Internationale de la Langue Maternelle.

Je souhaite plein succès à chaque activité que nous avons programmée à l’occasion de cette célébration. Que chaque participant tire le maximum d’intérêt des différentes interventions à l’ordre du jour. Que chacun de vous rentre de cette journée encore plus armé à défendre nos langues maternelles.

  Que Dieu bénisse le Mali.

                                                                                                    Je vous remercie.

 

Journée de la langue maternelle: discours de madame le ministre de l’Education Nationale

???????????????????????????????– Mesdames, Messieurs les membres du Gouvernement;

– Messieurs les anciens Ministres ici présents;

-Monsieur le Gouverneur de la Région de Koulikoro ;

– Monsieur le Secrétaire Exécutif de l’Académie Africaine des Langues ;

– Monsieur le Représentant Résident de l’UNESCO au Mali ;

– Monsieur l’Administrateur Général de la Fondation KARANTA ;

– Mesdames, Messieurs les membres du Cabinet, les Directeurs des Services centraux et déconcentrés du Ministère de l’Education Nationale ;

– Monsieur le Secrétaire Général de la Commission Nationale Malienne pour l’UNESCO ;

– Mesdames, Messieurs les opérateurs et acteurs de l’Education Non Formelle ;

– Monsieur le Préfet du Cercle de Kati ;

– Monsieur le Maire de la Commune Rurale de Siby ;

– Monsieur le Chef de village de Siby ;

– Chers collègues enseignants ; Chers élèves ;

– Chères populations du mandé ;

– Mesdames et Messieurs, chers invités, en vos grades et qualités ;

C’est pour moi un réel plaisir d’être parmi vous ici à Siby, dans la belle cité du mandé, univers de civilisations et de valeurs séculaires. Nous sommes au pays de Kamadjan Kulu et de l’arche de Kamadjan, à quelques kilomètres seulement de la vieille cité de Kangaba, berceau de la légendaire charte du Kurukanfuga. Il convient de rappeler que la ville de Kangaba a été, en 1236, le cadre politique de l’adoption de ce monumental document qui a pacifié le Mandé après l’historique bataille de Kirina. Certes, nous sommes loin de cette époque. Mais les contextes sont semblables et les besoins de pacification sociale sont identiques. Hier comme aujourd’hui, les langues maternelles ont été, sont, et demeurent l’outil principal du dialogue social citoyen. La quête citoyenne de la paix est une préoccupation permanente pour les maliennes et les maliens.

– Mesdames et Messieurs,

Cette année, pour commémorer la Journée de la Langue Maternelle, la communauté internationale a retenu le thème « Langues locales pour la citoyenneté mondiale – zoom sur la science ». Au plan national, nous avons retenu le thème ‘’Investir dans les langues maternelles – facteurs de développement endogène durable’’.

Comme vous le constatez, les deux thèmes ont en commun les concepts de sciences et de développement avec un focus sur  les langues maternelles.

– Mesdames et Messieurs,

Ce matin, je voudrais partager avec vous, dans cette atmosphère festive, la vision du Président de la République, son excellence Ibrahim Boubacar KEITA pour qui, il n’y a pas de développement en dehors de nos valeurs de civilisation dont les langues maternelles sont le principal véhicule. C’est là, l’esprit et l’envergure du slogan de campagne du Président de la République, je cite : ‘’l’honneur du Mali d’abord’’. Fin de citation.

Loin d’être un simple slogan, « l’honneur du Mali d’abord »  est une vision politique citoyenne qui nous interpelle tous, par rapport au réarmement moral, psychologique et éthique par nos valeurs sociales. Cette reconquête morale ne peut se réaliser en dehors de nos langues maternelles qui constituent les dépositaires de nos valeurs sociales, de notre conscience individuelle et collective, de notre vision du monde, bref de notre civilisation.

– Mesdames et Messieurs,

Les langues maternelles occupent une place de choix dans le processus de développement de notre pays. Le Mali ne ménage aucun effort pour que nos langues nationales deviennent de véritables outils de développement social, économique, culturel et politique. Nos langues nationales sont, dis-je, les dépositaires de notre patrimoine. Hier, ce sont elles qui nous ont permis de bâtir une société équilibrée. Aujourd’hui, dans les conditions normales, ce sont elles qui devraient nous permettre d’éradiquer l’analphabétisme d’une part, et d’autre part, de briser la chaine du sous-développement. Et demain, ce seront encore elles qui nous permettront d’être au rendez-vous de la science et de la technologie.

C’est donc une évidence que de dire que toutes les opportunités de dialogue, de reconquête et de reconstruction de notre pays passent nécessairement par la valorisation de nos langues nationales.

– Mesdames et Messieurs,

Les anthropologues, les psychologues et surtout les pédagogues sont unanimes que l’utilisation des langues maternelles offre aux citoyens une meilleure chance d’accéder à la science, au développement et de renforcer l’éveil des consciences.

C’est pourquoi, très tôt, dès le lendemain de son accession à la souveraineté nationale et internationale, le Mali a adhéré au concept d’alphabétisation fonctionnelle en 1961 à la conférence d’Addis-Abeba, et en 1965 à celle de Téhéran. C’est ainsi que notre pays a participé, de 1967 à 1972, au Programme Expérimental Mondial  de l’Alphabétisation (PEMA) sous l’égide de l’UNESCO. Convaincues que les défis du développement y sont fortement attachés, les plus hautes autorités du pays ont accordé et continuent d’accorder aux langues maternelles un intérêt tout particulier.

Fort des résultats combien satisfaisants accumulés suite aux multiples expériences, depuis l’année scolaire 1978-79, notre pays a commencé une longue expérimentation des langues maliennes dans le système éducatif formel. En guise de rappel, signalons que l’expérience a d’abord commencé en bamanankan, dans les régions de Ségou (Banankoroni et Zanabougou) et de Koulikoro (Djifina et Kossa).  La qualité des résultats scolaires obtenus a motivé l’extension à d’autres langues.

– Mesdames et Messieurs,

Fidèle à ses engagements politiques et convaincu du rôle cardinal de la langue maternelle dans le processus de développement, le Mali, soucieux de l’équilibre social, a adopté un aménagement linguistique global et intégrateur. C’est dans ce cadre que la Loi n°96-049 a conféré le statut de « langue nationale » à treize 13 d’entre elles. Il s’agit du bamanankan, bomu, bozo, dͻgͻsͻ (dogon), hasanya, fulfulde, mamara (minianka), maninkakan, soninke, soŋay, syenara (sénoufo), tamasheq, xasongaxanŋo (khassonké).

Pour un développement technique et scientifique de nos langues, le Mali a mis en place, en 2012,  la Direction Nationale de l’Education Non Formelle et des Langues Nationales (DNENFLN) et l’Académie Malienne des Langues (AMALAN), nées des acquis de l’ex-Direction Nationale de l’Alphabétisation Fonctionnelle et de la Linguistique Appliquée (DNAFLA).

L’objectif recherché par la valorisation des langues maternelles est de permettre à celles-ci de contribuer vigoureusement à la lutte contre l’analphabétisme ou l’illettrisme qui sape tous les efforts de développement déployés par les plus hautes autorités à travers différents plans et programmes de développement. En  effet, les autorités de l’époque ont très tôt engagé cette lutte contre l’analphabétisme et le combat entamé continue avec succès. Mais le chemin est entaché d’embûches de tous genres et les défis à relever sont nombreux et variés. Ces défis sont entre autres d’ordre politique, de renforcement des capacités, de recherche-action et de financement. Aussi, le combat pour l’atteinte de la scolarisation universelle et des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) ne peut être gagné que par l’utilisation accrue de nos langues maternelles.

– Mesdames et Messieurs,

Le message du thème national «investir dans nos langues maternelles – facteur de développement endogène durable » est on ne peut plus clair. Il s’agit d’accroître la part des ressources financières de l’Etat pour permettre aux langues maternelles de jouer pleinement leur mission stratégique de développement. Il s’agit aussi, pour les Collectivités Territoriales, les entreprises privées et la société civile, d’investir dans les langues maternelles en vue d’un développement général, harmonieux et endogène du pays.

Aujourd’hui, dans tous les secteurs de la vie publique on a besoin des langues maternelles pour se développer convenablement et de façon participative et responsable. Qu’il s’agisse de l’éducation nationale, de la promotion de l’enfant, de la femme et de la famille, de la santé publique, de l’assainissement, du transport en commun, du code de la route, du développement rural, de la recherche scientifique, de la décentralisation, de la justice, pour ne citer que ceux-ci, les différents acteurs de ces domaines ne sauraient, au jour d’aujourd’hui, se passer de l’utilisation des langues maternelles.

– Mesdames et Messieurs,

Je ne saurai terminer mes propos sans adresser mes vifs remerciements à toutes celles et tous ceux qui œuvrent  inlassablement pour la promotion des langues maternelles. Je voudrais remercier particulièrement les Partenaires Techniques et Financiers qui investissent dans la promotion de nos langues nationales. Car, il n’y a rien de plus noble que de se sacrifier pour nos langues, socle de notre identité culturelle.

Qu’il me soit permis également, d’adresser un hommage mérité à nos aînés qui se sont battus et continuent de se battre pour la question de nos langues.

Je n’oublie pas les nombreux chercheurs et enseignants grâce à qui nos langues sont devenues matière et médium d’enseignement dans les écoles. Je tiens à les encourager chaleureusement pour le service rendu à la nation.

C’est sur cette note d’espoir que déclare officiellement lancées les activités commémoratives de la Journée Internationale de la Langue Maternelle.

Vive la Journée Internationale de la Langue Maternelle !

Vivent les langues maternelles du Mali !

Je vous remercie de votre aimable attention !

Mali: journée internationale de la langue maternelle 2014

IMG_4319La Mali, à l’instar des autres pays, célèbre la journée internationale de la langue maternelle le 21 février 2014. Le thème de cette année, c’est: « Les langues locales pour la citoyenneté mondiale : zoom sur la science » Les festivités de cette journée se tiendront à Siby, un village situé à 50 kms de Bamako sur la route de Guinée, sous la Présidence de Madame Togola Jacqueline Nana, Ministre de l’Education Nationale.

Pour suivre ces évènements à temps réel au Mali et dans d’autres pays du monde en même temps, veuillez nous suivre sur #imld14 et sur Facebook et Flickr pour les images.

 

Pour limiter les dégâts, ils ont arraché le câble électrique avec les mains

???????????????????????????????L’incendie qui s’est produit le dimanche 15 décembre 2013 dans l’annexe de la Maison de l’Artisanat de Bamako a causé plusieurs pertes. Les dégâts seraient encore plus élevés si ce n’était « l’esprit de sacrifice » de deux jeunes présents sur les lieux.  Ils ont arraché le câble haute tension avec les mains.

On dénombre à plus de quatre cents et quelques millions de fracs CFA, les dégâts causés par le feu qui serait provoqué par un court circuit. Pour empêcher le feu d’atteindre la grande cours de la Maison des Artisans, deux jeunes présents sur les lieux, Souleymane SIRIMANA et Bocar KONTAO, munis de leur courage, se sont accrochés et arraché le câble haute tension. Cela a considérablement limité les dégâts.

Comment qualifier l’acte de Souleymane SIRIMANA et Bocar KONTAO ?

Depuis ce jour, pour donner une qualification juste à cet acte de ces deux hommes, cette phrase ne cesse de me tourner dans la tête : es deux jeunes n’ont pas réclamé, ils n’ont pas donné, mais ils se sont donné corps et âmes pour sauver un grand patrimoine et des vies humaines.

Esprit de sacrifice ?

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Si je peux comprendre l’esprit de sacrifice comme «aimer les autres comme soi, prendre soin de leurs biens et les protéger comme les nôtres », je peux bien noter que Souleymane et Bocar l’ont fait ! Braves et engagés pour la cause des autres, ils l’ont démontré en risquant leurs vies!

Pour une reconnaissance à leur endroit, certains citoyens maliens garderont toujours le souvenir de ce geste de bravoure, de courage et d’engagement pour la cause notre pays. Quelques échanges de twittes sur le sujet démontrent cela.

C’est le cas de @korofina2.  Même si son amour et son engagement pour son pays ainsi que ses faits et gestes sont toujours dans l’anonymat, la personne qui est derrière ce compte twitter est toujours attentive et prête à agir à tous les événements honorifiques et de développement de notre pays. Elle n’est pas également restée en marge du geste de bravoure et de courage de ces deux personnes quand elle écrit:

« @AbdoulKarimDiar@Fasokan Tout à fait, ils sont des Héros et devraient être traités comme tels par le Mali. On n’oublie pas le Nord non plus »

Depuis lors, chaque jour, on peut lire des twittes de @korofina2  qui prouve son attachement à ce geste:

« @Fasokan Ils sont bien portants Dieu merci. Vive nos Héros qui n’ont pas eu besoin d’ordre pour agir! Merci pour votre sens du devoir #ASSAM« 

En plus de @korofina2 qui réside ici à Bamako,  il y a eu d’autres réactions sur twitter depuis hors du pays.

Comme le signalé @korofina2, j’espère que les autorités de l’Etat offrira à ces deux jeunes, une médaille de reconnaissance. On les soutiendra pour ça.

Le décorticage traditionnel des haricots au village

Le décorticage traditionnel des haricots au village

Le décorticage traditionnel des haricots au village

Ces mois d’octobre et novembre, constituent la période des récoltes et du décorticage des haricots au village. Le haricot est une des plantes qui mûrissent très vite et aident les paysans à passer les périodes de soudure en cas de famine.

Je suis arrivé deux jours au village avant la fête. J’ai coïncidé avec le décorticage des haricots par les petits garçons. Ce sont les mêmes pratiques que le battage du mil. J’ai trouvé que ces garçons avaient étalé les haricots sur un grand espace bien propre et avaient commencé à taper les haricots avec les bâtons qu’ils détenaient chacun. Cela a été le premier moment fort de mon arrivée au village pour cette fête de Tabaski 2013 parce que, du coup, ce geste a suscité à moi, les bons souvenirs des moments où je participais moi aussi aux grands battages collectifs de mils au village.  En ce moment, le battage de mil se faisait à la main quel que soit la quantité  d’épis étalé sur l’aire de battage et non par camion comme nous le voyons aujourd’hui. C’était un moment très agréable à part parce que tous les jeunes du village se regroupaient chaque jour pour battre le mil d’une famille après les récoltes. Pour le cas des très grandes familles, les jeunes pouvaient passer un, deux ou trois jours à battre le mil.  Des fois, pour que ça finisse vite, les jeunes du village invitaient leurs amis d’autres villages à venir les aider et cette invitation était réciproque entre amis des différents villages voisins. Je me suis arrêté pour observer les jeunes garçons à la tâche. J’ai constaté que pour eux, l’essentiel est de taper les haricots et d’avoir les grains, mais ils n’accordaient pas d’importance à la façon dont  bâtons doivent être alternés sur les haricots pour donner le son habituel. D’ailleurs, ils ne le savent pas parce que ce système de battage se pratiquait beaucoup pour le mil et cela a presque disparu au village. Les battages à la main sont remplacés par les camions. Avec ces garçons, il manquait le rythme agréable que les coups de bâtons doivent donner pendant ce travail. Je me suis alors approché pour leur expliquer comment ça se passe et nous avons passé à l’expérience.

Il s’agissait d’expliquer à aux jeunes garçons que les coups des  bâtons doivent donner obligatoirement trois sons identiques et alternatifs en fonction de la tombée alternative des bâtons sur les haricots par trois colonnes mélangées.  Ici, nous étions cinq personnes. Donc, obligatoirement, il fallait un son donné par une seule personne et les deux autres sons donnés par deux groupes de deux personnes.  Si nous étions quinze personnes par exemple, les trois sons seraient donnés par trois groupes de cinq personnes. Cela reviens à dire que quel que soit le nombre de personnes, elles sont divisées entre trois groupes donnant chacun son bruit. Ces sons alternés par les coups des bâtons sur les haricots produisent ce rythme dont on a besoin. Les garçons ont bien compris l’explication, mais la pratique n’a pas été facile comme vous constatez dans la vidéo.

Je me suis limité à leur donner des leçons sur comment les coups des bâtons doivent produire ce rythme, sinon, ceux qui l’ont pratiqué comme moi avant de rejoindre les villes, savent que  les coups de bâtons sont également accompagnés de chansons traditionnelles agréables. Ces chansons sont chantées par les jeunes en même temps qu’ils battent le mil. Ces chants sont plein de sens. Ils servaient encourager, taquiner, à conseiller les jeunes…

Tas de grains de haricots

Tas de grains de haricots

Avec ces explications, les jeunes garçons étaient très contents de découvrir cela pour une première fois. Quand les garçons ont fini de décortiquer les haricots, ça a été le tour de leurs mères de vanner les haricots et d’entasser les grains.

Réparation du petit pont dégradé de Sangarébougou par les jeunes du quartier, un acte citoyen à encourager

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Le petit pont dégradé dont j’ai parlé dans mon article précédent, situé sur une des principales voies d’entrée du quartier de sangarébougou a été réparé volontairement par l’association des jeunes de  Sangarébougou avec l’appui de la marie du quartier. Ce n’était plus prudent de passer par là en cette période hivernale de crainte de ne pas être emporté par l’eau de passage sur ce pont avec des ses multiples grands trous au milieu. Les eaux de pluie n’ayant plus de passage dans le caniveau bouché des deux côtés par l’ensablement et les ordures jetées, étaient obligées de passer par la surface du pont pour y laisser de grands trous.

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Le dimanche passé, l’association des jeunes du quartier de sangarébougou a pris l’initiative de réparer ce pont pour faciliter le passage aux habitants  du quartier et éviter les dangers qui pourraient s’y produire, inondations, noyade. J’ai été sur place et à ma question de savoir comment l’idée est venue, le président de l’association répond :

« le pont était totalement dégradé et le laisser comme tel rendait l’accès très difficile au quartier et constituait un risque d’inondation et de noyade surtout pour les enfants. Alors, nous, les jeunes du quartier avons décidé de le réparer. Nous avons approché le maire de la commune et lui avons demandé de nous aider avec du ciment.  Le maire a bien compris le message et ce matin, il nous a envoyé des sacs de ciment et nous sommes en train de faire ce travail. Nous ne sommes pas payés, nous le faisons volontairement, c’est un geste citoyen.»

Une coïncidence?

Mon article « ces pluies qui interpellent les autorités communales bamakoises » est illustré par les images de ce pont et son caniveau bouché. C’était dans le but de lancer un appel aux mairies des différentes communes afin qu’ils viennent aide aux populations pour leur faciliter la circulation, éviter les inondations et noyades en réparant les ponts et les voies publiques dégradés dans leurs circonscriptions respectives. Ici, pas pour dire que l’initiative est venue par la publication de cet article, mais seulement, c’est une vraie coïncidence et je suis content que ce pont soit réparé par les jeunes du quartier d’une manière volontaire et avec l’appui de la mairie de la commune.  Ces jeunes ont posé un acte citoyen à encourager et à soutenir.

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Ce geste me permet de réitérer mon appel à l’endroit des autorités communales de Bamako et de toutes les communes du Mali. Pas une plainte, mais juste pour dire que les maliens seraient contents de voir qu’ils ont voté pour des maires qui se soucient pleinement de leur survie, de leur santé. L’imitation de ce geste des jeunes de sangarébougou également par les jeunes des différentes communes du Mali aiderait les autorités communales à mieux s’occuper de nos préoccupations.

Ces pluies qui interpellent les autorités communales bamakoises

Les populations de Bamako circulant dans l'eau après de fortes pluies

Les populations de Bamako circulant dans l’eau après de fortes pluies

Depuis les inondations meurtrières qui ont frappé plusieurs quartiers de Bamako avec plus d’une trentaine de morts et des centaines de sans abri, les populations de Bamako s’inquiètent à chaque fois que des gouttes de pluies commencent à tomber sur la capitale malienne, craignant la reprise de la même tragédie. Au début de chaque pluie, les populations restent très vigilants et se passent des informations par rapport aux traces d’inondation ça et là.

Pour la pluie d’hier,  Mohamed Ould Mamouny nous signale des débuts d’inondation  à Banconi sur son compte tweeter:

@OuldMamouny:

Les deux ponts de Banconi (#Bamako) inondés ce matin suite à la pluie diluvienne. Quelques degâts matériels constatés. #Mali.

Et, korofina, en réponse à cette annonce, demande si le gouvernement a donné une alerte d’évacuation des populations sur les lieux:

@korofina2:

@Fasokan Est-ce qu’il y a des avertissements d’évacuation donnés par le gouvernement?

Voici une vidéo montrant les populations de Bamako circuler dans l’eau sur les voies publiques, quelques heures après la pluie.

Ce tweet de Mamadou Koumaen temoigne également :

@kmamadou

#Bamako Quand il pleut un peu seulement l’eau a du mal à trouver son chemin. #ProblemeDevacuationDeau

Caniveau non entretenu dans le quartier de sangarébougou à Bamako

Caniveau non entretenu dans le quartier de sangarébougou à Bamako

Les idées divergent sur les causes de cette inondation 

Phénomène naturel ? Oui, comme l’on aime dire en pensée africaine : « ce qui doit arriver, arrive ! » Mais suite à des tragédies de ce genre, l’on doit se demander ce qu’on pouvait faire avant et qui aurait pu nous permettre de l’éviter.

Insuffisance   de caniveaux à travers la ville et manque d’entretien des canaux d’évacuation d’eau existants ? Il y a insuffisance de caniveaux  à Bamako pour faire évacuer l’eau qui tombe sur la ville.  Les caniveaux qui existent à travers la ville sont mal entretenus et alors sont bouchés, ce qui fait que l’eau ne coule pas normalement et cela provoque des inondations.  Dans les caniveaux et sous les petits ponts à travers les quartiers, nous voyons des petites digues de sable ça et là qui blogue le passage de l’eau. Ainsi, l’eau déborde les caniveaux et fait écrouler des maisons  surtout dans les quartiers périphériques où la plus part des constructions est faite en banco.

La construction anarchique des maisons sans permis de construction et le schéma directeur d’urbanisation de la ville?

Oui ! A Bamako, plusieurs propriétaires de maison construisent sans se donner la peine de remplir les formalités c’est-à-dire, chercher à obtenir le permis de construction et suivre le schéma directeur d’urbanisation de la ville. Ainsi, les maisons sont construites partout, même sur des sites facilement inondables, quelques fois au bord même des caniveaux.

L’incivisme des populations à jeter des ordures dans les caniveaux ?

Dans beaucoup de quartiers à travers la ville de Bamako, nous constatons que les populations déversent les ordures ménagères, les déchets plastiques et des objets inutilisables   dans les caniveaux. Cela bloque le passage de l’eau et provoque également les inondations.

Route non entretenue: goudron totalement caché avec le passage du sable

Route non entretenue: goudron totalement caché avec le passage du sable

Alors, à qui la faute ?

A l’analyse détaillée des choses, la responsabilité se situe au niveau non seulement des autorités communales, mais aussi au niveau des populations. Les autorités communales n’accomplissent pas pleinement leurs rôles en la matière : il est du rôle des autorités communales de creuser des caniveaux à travers la ville et d’entretenir les canaux d’évacuation d’eau. Contrairement à cela, l’entretien des voies publiques n’est pas suffisamment faite,  ce qui est d’ailleurs une des raisons de la dégradation des voies publiques à Bamako. Les fossés, les passages des eaux de pluies ne sont pas débouchés.  Mais, dans tout cela, « quand on dit quelque chose aux beaux parents de Gna (nom de femme au Mali), on doit aussi dire à Gna, sa part de responsabilité des les conflits familiaux », selon un proverbe Bambara. Oui, toujours le gouvernement, toujours les autorités  communales, mais tout es bien ce que nous faisons nous-mêmes ? La question mérite d’être posée car nous devons toujours nous souvenir que les objets ne s’entretiennent pas. Il est indéniable que nous bouchons nous-mêmes les caniveaux avec les ordures ménagères et les déchets plastiques et cela devant tout le monde et personne ne parle, personne ne peut parler, craignant les sales mots  venant de ceux qui le font. Le rôle des autorités des communales est de creuser les caniveaux et de les entretenir, mais nous devons aussi savoir que les conséquences de les boucher avec nos actes quotidiens, tombent d’abord sur nous. Ceux qui achètent des lots sur les sites inondables et les construisent sans permis de construction, sans suive schéma directeur d’urbanisation de la ville doivent  savoir que ce sont eux d’abord, les premières victimes en cas d’inondation.

Serieusement difficile pour les habitants de Sangarébougou de traverser ce pont totalement dégradé par de grands trous au milieu

Sérieusement difficile pour les habitants de Sangarébougou de traverser ce pont totalement dégradé par de grands trous au milieu

Les autorités communales ne sont-elles pas responsables de tout cela ?

A l’analyse globale des choses, les flèches des différentes responsabilités pointent sur les autorités communales. Elles doivent non seulement accomplir leurs devoirs de creuser et d’entretenir des caniveaux, construire des ponts et les entretenir, mais également prendre des mesures contre ces gestions quotidiennes non conformes aux normes d’une ville saine, non conformes aux normes du schéma directeur d’urbanisation de la ville pour que les soient dans l’ordre.