Ba (la mère) et Ba (le fleuve) en bambara pour toute la valeur des mamans

1817

Si tu regardes la grandeur de Ba (la mère), et sa prononciation, Ce mot ressemble beaucoup au mot Ba (le fleuve) en bambara. Ces deux mots se prononcent de la même manière et cela pourrait signifier qu’ils ont la même grandeur.

Ba (la mère) est large comme Ba (le fleuve), elle conçoit toujours son enfant, elle le dégoutte jamais. Elle souffre pour lui, à cause de lui, elle conçoit ses fatigues, elle l’entretient, le dirige, et l’apprend les règles sociales. Les souffrances qu’elle fait à cause son enfant sont encore pour elle, une autre forme de joie. C’est pour cela que les vieilles personnes disent en bambara : « même si l’enfant devient un serpent, sa mère l’attache comme ceinture »

Que l’enfant soit bien portant ou maladif, sa mère l’aime, qu’il soit riche ou pauvre, sa mère l’adore plus. Quelque soit la situation de l’enfant, sa mère est avec lui. Elle le conseille, le dirige le moral et le soutien dans les circonstances difficiles. Quelque soit l’âge de l’enfant, quelque soit son niveau d’instruction et son niveau de compréhension du monde,  quand il vient à côté de sa  mère, il se sent dans un fleuve car il apprend toujours des choses qu’il n’avait jamais appris avant.

L’enfant à côté se mère se sent comme s’il se trouve dans un fleuve intarissable en matière de connaissance, de protection, de conseils, de guide, de soutien moral dans toutes les circonstances de la vie.

Alors, le mot ba (mère en bambara) aurait pris sa source sur le mot ba (fleuve en bambara) pour montrer toute la valeur d’une mère?

Poyi : yeelen duganbali

DSCN5023Ne ma fɛn wɛrɛ fɔ, fɔ kalan,

I y’an kalan n’an ka kanw ye,

Hɔrɔnya kɛnɛba kan.

N’u ko balikukalan, ne ko kalan,

N’u ko mɔrikalan, ne ko kalan.

Nansarakalan, kalanjɛ …

Fasoden cɛmanw ni musomanw,

Demisɛnw ni maakɔrɔw,

Kalanbaliya ye dibi ye…

Dibi min ka bon ni su dibifin ye,

Walasa kɛnɛya ka sinsin,

Dunkafa ka sabati,

Jamana in ka diya ntamana ntaman,

Kalan jansa filɛ, wa aw bonya filɛ.

Journée de la langue maternelle: discours de madame le ministre de l’Education Nationale

???????????????????????????????– Mesdames, Messieurs les membres du Gouvernement;

– Messieurs les anciens Ministres ici présents;

-Monsieur le Gouverneur de la Région de Koulikoro ;

– Monsieur le Secrétaire Exécutif de l’Académie Africaine des Langues ;

– Monsieur le Représentant Résident de l’UNESCO au Mali ;

– Monsieur l’Administrateur Général de la Fondation KARANTA ;

– Mesdames, Messieurs les membres du Cabinet, les Directeurs des Services centraux et déconcentrés du Ministère de l’Education Nationale ;

– Monsieur le Secrétaire Général de la Commission Nationale Malienne pour l’UNESCO ;

– Mesdames, Messieurs les opérateurs et acteurs de l’Education Non Formelle ;

– Monsieur le Préfet du Cercle de Kati ;

– Monsieur le Maire de la Commune Rurale de Siby ;

– Monsieur le Chef de village de Siby ;

– Chers collègues enseignants ; Chers élèves ;

– Chères populations du mandé ;

– Mesdames et Messieurs, chers invités, en vos grades et qualités ;

C’est pour moi un réel plaisir d’être parmi vous ici à Siby, dans la belle cité du mandé, univers de civilisations et de valeurs séculaires. Nous sommes au pays de Kamadjan Kulu et de l’arche de Kamadjan, à quelques kilomètres seulement de la vieille cité de Kangaba, berceau de la légendaire charte du Kurukanfuga. Il convient de rappeler que la ville de Kangaba a été, en 1236, le cadre politique de l’adoption de ce monumental document qui a pacifié le Mandé après l’historique bataille de Kirina. Certes, nous sommes loin de cette époque. Mais les contextes sont semblables et les besoins de pacification sociale sont identiques. Hier comme aujourd’hui, les langues maternelles ont été, sont, et demeurent l’outil principal du dialogue social citoyen. La quête citoyenne de la paix est une préoccupation permanente pour les maliennes et les maliens.

– Mesdames et Messieurs,

Cette année, pour commémorer la Journée de la Langue Maternelle, la communauté internationale a retenu le thème « Langues locales pour la citoyenneté mondiale – zoom sur la science ». Au plan national, nous avons retenu le thème ‘’Investir dans les langues maternelles – facteurs de développement endogène durable’’.

Comme vous le constatez, les deux thèmes ont en commun les concepts de sciences et de développement avec un focus sur  les langues maternelles.

– Mesdames et Messieurs,

Ce matin, je voudrais partager avec vous, dans cette atmosphère festive, la vision du Président de la République, son excellence Ibrahim Boubacar KEITA pour qui, il n’y a pas de développement en dehors de nos valeurs de civilisation dont les langues maternelles sont le principal véhicule. C’est là, l’esprit et l’envergure du slogan de campagne du Président de la République, je cite : ‘’l’honneur du Mali d’abord’’. Fin de citation.

Loin d’être un simple slogan, « l’honneur du Mali d’abord »  est une vision politique citoyenne qui nous interpelle tous, par rapport au réarmement moral, psychologique et éthique par nos valeurs sociales. Cette reconquête morale ne peut se réaliser en dehors de nos langues maternelles qui constituent les dépositaires de nos valeurs sociales, de notre conscience individuelle et collective, de notre vision du monde, bref de notre civilisation.

– Mesdames et Messieurs,

Les langues maternelles occupent une place de choix dans le processus de développement de notre pays. Le Mali ne ménage aucun effort pour que nos langues nationales deviennent de véritables outils de développement social, économique, culturel et politique. Nos langues nationales sont, dis-je, les dépositaires de notre patrimoine. Hier, ce sont elles qui nous ont permis de bâtir une société équilibrée. Aujourd’hui, dans les conditions normales, ce sont elles qui devraient nous permettre d’éradiquer l’analphabétisme d’une part, et d’autre part, de briser la chaine du sous-développement. Et demain, ce seront encore elles qui nous permettront d’être au rendez-vous de la science et de la technologie.

C’est donc une évidence que de dire que toutes les opportunités de dialogue, de reconquête et de reconstruction de notre pays passent nécessairement par la valorisation de nos langues nationales.

– Mesdames et Messieurs,

Les anthropologues, les psychologues et surtout les pédagogues sont unanimes que l’utilisation des langues maternelles offre aux citoyens une meilleure chance d’accéder à la science, au développement et de renforcer l’éveil des consciences.

C’est pourquoi, très tôt, dès le lendemain de son accession à la souveraineté nationale et internationale, le Mali a adhéré au concept d’alphabétisation fonctionnelle en 1961 à la conférence d’Addis-Abeba, et en 1965 à celle de Téhéran. C’est ainsi que notre pays a participé, de 1967 à 1972, au Programme Expérimental Mondial  de l’Alphabétisation (PEMA) sous l’égide de l’UNESCO. Convaincues que les défis du développement y sont fortement attachés, les plus hautes autorités du pays ont accordé et continuent d’accorder aux langues maternelles un intérêt tout particulier.

Fort des résultats combien satisfaisants accumulés suite aux multiples expériences, depuis l’année scolaire 1978-79, notre pays a commencé une longue expérimentation des langues maliennes dans le système éducatif formel. En guise de rappel, signalons que l’expérience a d’abord commencé en bamanankan, dans les régions de Ségou (Banankoroni et Zanabougou) et de Koulikoro (Djifina et Kossa).  La qualité des résultats scolaires obtenus a motivé l’extension à d’autres langues.

– Mesdames et Messieurs,

Fidèle à ses engagements politiques et convaincu du rôle cardinal de la langue maternelle dans le processus de développement, le Mali, soucieux de l’équilibre social, a adopté un aménagement linguistique global et intégrateur. C’est dans ce cadre que la Loi n°96-049 a conféré le statut de « langue nationale » à treize 13 d’entre elles. Il s’agit du bamanankan, bomu, bozo, dͻgͻsͻ (dogon), hasanya, fulfulde, mamara (minianka), maninkakan, soninke, soŋay, syenara (sénoufo), tamasheq, xasongaxanŋo (khassonké).

Pour un développement technique et scientifique de nos langues, le Mali a mis en place, en 2012,  la Direction Nationale de l’Education Non Formelle et des Langues Nationales (DNENFLN) et l’Académie Malienne des Langues (AMALAN), nées des acquis de l’ex-Direction Nationale de l’Alphabétisation Fonctionnelle et de la Linguistique Appliquée (DNAFLA).

L’objectif recherché par la valorisation des langues maternelles est de permettre à celles-ci de contribuer vigoureusement à la lutte contre l’analphabétisme ou l’illettrisme qui sape tous les efforts de développement déployés par les plus hautes autorités à travers différents plans et programmes de développement. En  effet, les autorités de l’époque ont très tôt engagé cette lutte contre l’analphabétisme et le combat entamé continue avec succès. Mais le chemin est entaché d’embûches de tous genres et les défis à relever sont nombreux et variés. Ces défis sont entre autres d’ordre politique, de renforcement des capacités, de recherche-action et de financement. Aussi, le combat pour l’atteinte de la scolarisation universelle et des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) ne peut être gagné que par l’utilisation accrue de nos langues maternelles.

– Mesdames et Messieurs,

Le message du thème national «investir dans nos langues maternelles – facteur de développement endogène durable » est on ne peut plus clair. Il s’agit d’accroître la part des ressources financières de l’Etat pour permettre aux langues maternelles de jouer pleinement leur mission stratégique de développement. Il s’agit aussi, pour les Collectivités Territoriales, les entreprises privées et la société civile, d’investir dans les langues maternelles en vue d’un développement général, harmonieux et endogène du pays.

Aujourd’hui, dans tous les secteurs de la vie publique on a besoin des langues maternelles pour se développer convenablement et de façon participative et responsable. Qu’il s’agisse de l’éducation nationale, de la promotion de l’enfant, de la femme et de la famille, de la santé publique, de l’assainissement, du transport en commun, du code de la route, du développement rural, de la recherche scientifique, de la décentralisation, de la justice, pour ne citer que ceux-ci, les différents acteurs de ces domaines ne sauraient, au jour d’aujourd’hui, se passer de l’utilisation des langues maternelles.

– Mesdames et Messieurs,

Je ne saurai terminer mes propos sans adresser mes vifs remerciements à toutes celles et tous ceux qui œuvrent  inlassablement pour la promotion des langues maternelles. Je voudrais remercier particulièrement les Partenaires Techniques et Financiers qui investissent dans la promotion de nos langues nationales. Car, il n’y a rien de plus noble que de se sacrifier pour nos langues, socle de notre identité culturelle.

Qu’il me soit permis également, d’adresser un hommage mérité à nos aînés qui se sont battus et continuent de se battre pour la question de nos langues.

Je n’oublie pas les nombreux chercheurs et enseignants grâce à qui nos langues sont devenues matière et médium d’enseignement dans les écoles. Je tiens à les encourager chaleureusement pour le service rendu à la nation.

C’est sur cette note d’espoir que déclare officiellement lancées les activités commémoratives de la Journée Internationale de la Langue Maternelle.

Vive la Journée Internationale de la Langue Maternelle !

Vivent les langues maternelles du Mali !

Je vous remercie de votre aimable attention !

La Charte des Chasseurs du Mandé

Kamadjan koulou la colline de Kamadjan) à Siby

Kamadjan koulou la colline de Kamadjan) à Siby

Le texte ci-dessous est basé sur la version publiée par Youssouf Tata Cissé dans « La Charte du Mandé et autres traditions du Mali », éditions Albin Michel, 2003. Cette transcription a le grand avantage de n’utiliser aucun caractère phonétique spécial, ce qui rend sa reproduction très facile sur l’ensemble des imprimantes. Le parler utilisé est une forme de malinké (maninka) des textes de griot de la région de Kangaba au Mali.

 Gérard Galtier, (responsable d’édition, auteur d’une thèse sur les parlers mandingues) Email : <gerardgaltier@noos.fr>

1.

Les enfants de Sanéné et Kontron déclarent :

Toute vie humaine est une vie.

Il est vrai qu’une vie apparaît à l’existence avant une autre vie,

Mais une vie n’est pas plus « ancienne »,

Plus respectable qu’une autre vie,

De même qu’une vie ne vaut pas mieux

Qu’une autre vie.

2.

Les enfants de Sanéné et Kontron déclarent :

Toute vie étant une vie,

Tout tort causé à une vie exige réparation.

Par conséquent,

Que nul ne s’en prenne gratuitement à son voisin,

Que nul ne cause du tort à son prochain,

Que nul ne martyrise son semblable.

 3.

Les enfants de Sanéné et Kontron déclarent :

Que chacun veille sur son prochain,

Que chacun vénère ses géniteurs,

Que chacun vénère ses enfants,

Que chacun pourvoie aux besoins

Des membres de sa famille.

4.

Les enfants de Sanéné et Kontron déclarent :

Que chacun veille sur la terre de ses pères.

Par patrie, pays, ou terre des pères,

Il faut entendre aussi et surtout les hommes :

Car tout pays, toute terre qui verrait les

Hommes disparaître de sa surface

Connaîtrait le déclin et la désolation.

5.

Les enfants de Sanéné et Kontron déclarent :

La faim n’est pas une bonne chose,

L’esclavage n’est pas non plus une bonne chose ;

Il n’y a pire calamité que ces choses-là,

Dans ce bas monde.

Tant que nous disposerons du carquois et de l’arc,

La famine ne tuera personne dans le Mandé,

Si d’aventure la famine survient.

La guerre ne détruira plus jamais de village

Pour y prélever des esclaves ;

C’est dire que nul ne placera désormais

Le mors dans la bouche de son semblable

Pour aller le vendre ;

Personne ne sera non plus battu au Mandé,

A fortiori mis à mort,

Parce qu’il est fils d’esclave.

6.

Les enfants de Sanéné et Kontron déclarent :

L’essence de l’esclavage est éteinte ce jour,

« D’un mur à l’autre »,

D’une frontière à l’autre du Mandé ;

Les razzias sont bannies

A compter de ce jour au Mandé ;

Les tourments nés de ces horreurs

Disparaîtront à partir de ce jour au Mandé.

Quelle horreur que la famine !

Un affamé ignore

Toute pudeur, toute retenue.

Quelle souffrance épouvantable

Pour l’esclave et l’affamé,

Surtout lorsqu’ils ne disposent

D’aucun recours.

L’esclave est dépouillé

De sa dignité partout dans le monde.

7.

Les gens d’autrefois nous disent :

« L’homme en tant qu’individu

Fait d’os et de chair

De moelle et de nerfs,

De peau recouverte de poils et de cheveux

Se nourrit d’aliments et de boissons ;

Mais son âme, son esprit vit de trois choses :

Voir ce qu’il a envie de voir,

Dire ce qu’il a envie de dire,

Et faire ce qu’il a envie de faire.

Si une seule de ces choses

Venait à manquer à l’âme,

Elle en souffrirait,

Et s’étiolerait sûrement. »

En conséquence, les enfants

De Sanéné et Kontron déclarent :

Chacun dispose désormais de sa personne,

Chacun est libre de ses actes,

Dans le respect des « interdits »,

Par la loi de sa patrie.

Tel est le Serment du Mandé

A l’adresse des oreilles du monde tout entier.

Manden Donsolu Kalikan

Kamajan kulu, Siby

Kamajan kulu, Siby

Texte bilingue malinké-français recueilli par Youssouf Tata Cissé, retranscrit par Gérard Galtier (gerardgaltier at noos.fr), suivi de la traduction française

Note sur la retranscription du « Manden Kalikan (Charte des Chasseurs du Mandé)

Le texte ci-dessous est basé sur la version publiée par Youssouf Tata Cissé dans « La Charte du Mandé et autres traditions du Mali », éditions Albin Michel, 2003. Cette transcription a le grand avantage de n’utiliser aucun caractère phonétique spécial, ce qui rend sa reproduction très facile sur l’ensemble des imprimantes. Le parler utilisé est une forme de malinké (maninka) des textes de griot de la région de Kangaba au Mali.

Gérard Galtier, (Responsable d’édition, auteur d’une thèse sur les parlers mandingues) Email : <gerardgaltier at noos.fr>

Manden sigila bèèn ni kanu le kan, ani hòrònya ni badenya.

O kòrò le ko siyawoloma te Manden tugun.

An ka kèlè kòrò dò filè nin di.

O la sa, Sanènè ni Kòntròn dennu be na u kan bò

dunya faan tan-ni-fila ma,

Manden bèè ladèlen tògò la.

1.

Donsolu ko :

Ko nî bèè : nî ;

Ko tonya koni don, ko nî be bò fònyò na nî nya,

Ko nka nî man kòrò ni nî di,

Ko nî man fisa ni nî di.

2.

Donsolu ko :

Nî bèè, nî ;

Nî tòòrò sarabali te.

O la sa,

Ko mògò si kana bila i sigi-nyògòn na,

Ko mògò kana i mògò nyògòn nî matòòrò,

Ko mògò kana i mògò nyògòn lajaba.

3.

Donsolu ko :

Ko bèè k’i jaan to i mògò nyògònnu na,

Ko bèè k’i bangebagalu bato,

Ko bèè k’i dennu lamò a nya ma,

Ko bèè k’i la lumògòlu ladon.

4.

Donsolu ko :

Ko bèè k’i jaan to i faso la ;

Ko n’i nò a mèn ko faso, n’o ye jamana di,

Ko mògòlu ko don,

Ko ni mògò banna jamana wo jamana kò kan,

Ko o jamana wo dugukolo yèrè be nyanafin.

5.

Donsolu ko :

Ko kòngò man nyi,

Ko jònya man nyi ;

Ko kòngò ni jònya nyògòn ko jugu te,

Dunya-so yan.

Ko ka ton ni kala to annu bolo,

Ko kòngò te mògò faga tugun, Manden,

Ni jaa kèra nafèn di ;

Ko kèlè te dugu ti tugun, Manden,

Ka a jòòn bò ;

Ko nègè te don mògò da rò tugun, Manden

Ka wa a feere ;

Ko mògò te bugò tugun, Manden,

Sanko k’a faga,

K’i ye jòòn-den di.

 6

Donsolu ko :

Ko jònya si lasala bi,

Manden dènèn n’a dènèn ;

Ko binkanni dabilala bi, Manden,

Ko nyani jugu banna bi, Manden.

Kòngò man nyi,

Malo te kòngòtò la ;

Nyani man nyi,

Jò-yòrò te nyanibagatò la ;

Danbe te jòòn na

Dunya yòrò si.

7

Fòlò mògòlu ko :

Ko mògònin-fin yèrè-kun,

A kolo n’a buu

A sèmè n’a fasa,

A golo n’a fari kan si,

Ko olu be balo suman ni ji le la ;

Ko nka k’a nî be balo fèn saba la :

Sago na mògò ye,

Sago na kuma fò,

Ani sago na ko kè ;

Ko ni nin fèn saba dò ye nî majè,

Ko nî be tòòrò,

Ko nî be tyòòlò.

O la sa, donsolu ko :

Ko bèè wasa b’i yèrè rò,

N’a ma kè i faso tana tinya di ;

Ko bèè ta ye i sòròfèn di.

Manden kalikan filè nin di,

Ka a da dunya bèè ladèlen tolo kan.

Nouvelles Technologies de l’Information et de la communication : la langue bambara bien outillée

photo (14)Des chercheurs linguistes, des informaticiens, des ONGs et des amateurs volontaires ont toujours été à pied d’œuvre pour développer, outiller et promouvoir les langues Africaine en termes de caractères et de terminologie. Les mêmes efforts sont toujours déployés en faveur de la nos dans le domaine des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication. Aujourd’hui, certaines des langues africaines dont le bambara, font leur apparition en ligne sur Internet en matière d’information, de communication et de partage d’expérience avec le bloging et les réseaux sociaux…

Taper en bambara sur l’ordinateur

On ne peut sans doute parler de la promotion d’une langue dans le domaine des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication sans la possibilité d’écrire sur un ordinateur dans cette langue. La plupart dans langues africaine comme le bambara ont des caractères spéciaux qu’on ne retrouve pas sur le clavier ordinaire de l’ordinateur. Les différents efforts déployés dans ce sens ont permis de résoudre ce problème. Aujourd’hui, plusieurs logiciels permettant d’avoir un clavier adapté aux langues africaines comme pour Windows et pour Mac OSX  sont crées et sont téléchargeables en ligne. D’autres logiciels très faciles à installer sont également disponibles sur des clés USB. Ces logiciels permettent de travailler facilement  en bambara sur un ordinateur comme dans les « langues développées. »

Un vérificateur orthographique en bambara

Comme beaucoup d’autres langues, le bambara est également doté de règles orthographiques, grammaticales et structurelles. Cela sous-entend que bien écrire en bambara nécessite le respect de ces règles. La maîtrise des différentes règles d’une langue n’épargne pas de faire des fautes, des erreurs ou des confusions quand on les écrit soit par inattention ou par oubli. Pour résoudre ce problème, même si ce n’est pas totalement complet comme dit l’auteur, voici un vérificateur orthographique  (ici pour Open Office, Libre Office, Néo Office…) et (ici  pour Firefox (navigateur web) et Thunderbird (email)  mis à notre disposition par un grand un grand chercheur français en bambara, un amoureux de cette langue. Vous trouverez dans cet article, tous les détails par rapport à l’installation, à la compatibilité et à  l’exploitation de ce vérificateur d’orthographe, bien éclairci par l’auteur Jean Jacques Meric.

Dictionnaire Français/Bambara

Un dictionnaire en Français-bambara en ligne ou instalable, aiderait et faciliterait les activités avec le bambara. Voici ici un exemple dont peut se servir pour l’exploitation de ce vérificateur orthographique.

Peut-on bloguer en bambara ?  

La question ne se pose plus ! On est formé à l’écriture et la lecture du bambara, on sait utiliser l’ordinateur, on a des notions du bloging et on a une connexion Internet à disposition, alors rien ne nous entrave encore de bloguer en bambara  comme dans toutes autres langues. Ces différents outils ci-dessus cités, permettent, même à ceux dont la langue maternelle n’est pas bambara, de bien travailler et de bloguer dans cette langue sur Internet. Alors, essayez !

Les réseaux sociaux et le bambara

Comme le bloging en bambara, il est également très facile de s’exprimer sur les réseaux sociaux quand on a les notions dans ce domaine. Aujourd’hui Nous ne sommes pas  étonnés de voir des messages passer sur Facebook et twitter comme ici sur le compte @Fasokan:

An ka dɔnkilidalaw jɔyɔrɔba bɛ nin ko in na bawo jeliw de tun bɛ kɛlɛcɛw bila sira fɔlɔ #can2010 #bambara #Mali

J’espère que cela ne suffit pas. Il va falloir chercher un moyen d’avoir des plateforme de blogs et de réseaux sociaux les données en bambara. Ainsi, même ceux qui ne parlent pas d’autres langues que le bambara, pourront s’épanouir avec leur langue maternelle en ligne.

Fililatilennan bamanankan sɛbɛnni na ɔridinatɛri kan

Nin hakilina in tun bɛ to ka taa ka segin nin san damadɔ tɛmɛnen ninnu na, nka bi, a sera ka kɛ.

Ka sɛbɛnni kɛ ni ɔridinatɛri ye, o tun ka kan ka kɛ ko nɔgɔman ye Mali gafesɛbɛnnaw bolo. Nka, a ko filɛ dɛ: waatijan kɛra ka sɔrɔ ɲɛ ma sɔrɔ banankan sɛbɛnniko la ɔridinatɛri kan. O ko ɲɛɲinina ka caya, bawo, ni min kɛra o tɛ bɛn, dɔ wɛrɛ bɛ kɛ. Ɲɛ sɔrɔla o ko la, bawo ni « inikɔdi » ye, diɲɛ sigininden bɛɛ bɛ se ka don ɔridinatɛri kɔnɔ.

Siginindenw kɔfɛ, daɲɛw bɛ yen. A kɛra bamanankan ye o a kɛra kan wɛrɛw ye o, n’an bɛ sɛbɛnni kɛ, an b’an yɛrɛ ɲininka ko n’a ya sɔrɔ é don walima ni è don (tubabukan na). Bamanankan fana na, daɲɛ dɔ sɛbɛntɔ la, an b’an yɛrɛ ɲininka tuma dɔw la k’a  dɔn n’a y’a sɔrɔ o de bɛ sɛbɛn walima ni ɔ de bɛ sɛbɛn, daɲɛ dɔw fana na, ni ny de bɛ sɛbɛn walima ni ɲ de sɛbɛn, dɔ fana na, u walima w

Bi, fililatilennan minnu labɛnna ɔridinatɛri kan, olu bɛ se k’o ɲininkali ninnu bɛɛ jaabi: ni daɲɛ ma sɛbɛn ka ɲɛ, kala bilenman bɛ ci a kɔrɔ, ɔridinatɛri bɛ sɔrɔ k’a daɲɛ in jɔgɔnw jira i la, minnu sɛbɛnnen don ka ɲɛ walasa i k’i ɲɛna ta: a bɛ fɔ o de ma ko « filisɛgɛsɛgɛlan » walima « fililatilennan » N bɛ sigasiga ka dan  « filisɛgɛsɛgɛlan » dama ma, bawo « filisɛgɛsɛgɛlan » tɛ se ka jɔ « fililatilennan » jɔyɔrɔ la, k’a sababu kɛ o ka baara nafa ye sɛbɛnni kɛko ɲuman diyagoyali ye  sɛbɛnnikɛlaw kan, o min kɛra sababu ye ka gafebɔla dɔw ni kunnafonisɛbɛnna dɔ ka baara tiɲɛ. Nka bi, o gafew dɔw ni o kunnafonisɛbɛnw dɔw fallen bɛ filiw la, diɲɛ tɛ se ka kɛ ni min yɛrɛ ye san tɛmɛnnenw na bawo u bɛ gɛlɛya yɛrɛ don sɛbɛnfɛn kalanni na kosɛbɛ.

Ɔwɔ, nka a ko filɛ dɛ: A tɛ kan bɛɛ la, nka fililatilennan bɛ kan 40 ɲɔgɔn na. Kan dɔw ta yɛrɛ barika ka bon kosɛbɛ. Tubabukan ta la, an b’a kɔlɔsi ko Kanada tubabukan bɛ yen… nka, Likizanburu ta fana bɛ yen ani Monako ta ! Fililatilennan bɛ Farafinna kan 3 dɔrɔn de la : suuwahili, (n’o ye batuw ka kan ye Farafinna kɔrɔnyafan fɛ), shɔna ( Zinbabuwe) ani malagasi (Madagascari). Sisan, an bɛ se k’a jate ko bamanankan farala o kan ninnu kan fililatilennanko la.

Bamanankan fililatilennan bɛ sɔrɔ Open Office, Libre Office, Néo Office, ani Windows, Mac, ni Linux kan.

Mun de y’o baara in kɛli nɔgɔya? A fɔlɔ ye kanko ɲɛɲinibaga dɔw ka cɛsiri ye, minnu ye siginindengafew ni sɛbɛnnisariyaw gafe carin nin san tɛmɛnnen ninnu na:  o siginindengafew, sɛbɛnnisariyaw gafe i n’a fɔ cayalan ni daɲɛ kura dilannanw  ninnu bɛ sɔrɔ ɔridinatɛri kan sisan.  Olu bɛ se ka bayɛlɛma k’u labɛn walasa ɔridinatɛri bɛ se k’u lakodɔn sɛbɛnni kɛtɔ. O kankoɲinina ninnu ni ɔridinatɛriko dɔnbaa ŋanaw bɛɛ ka sugonw bɛnna kelen ma… Ne y’olu dɔ ye. Ne ye kalanden fitinin ye bamanankan na, kalanden fitinin min bɛ dɔnnin dɔn ɔridinatɛriko taabolo fana na dɔnnin. (Jan Jaki Meriki)

A bɛ baara kɛ coodi ?

Ni mɔgɔ min bɛ baara kɛ n’a ye don o don, fililatilennan bɛ diya o bolo ka t’a fɛ. An tɛ jɔrɔ tugun k’a fɔ ko an bɛna fili caman kɛ an sɛbɛnni kɛ tɔ. An tɛ se k’a fɔ ko an tɛna fili kɛ tugun, bawo  fililatilennan tɛ se k’a bɛɛ kɛ, an fana jɔyɔrɔba bɛ filiw dɔgɔyali la n’an bɛ baara la ni fililatilennan ye. A bɛ i ko baarakɛminɛn tɔw. N’i bɛ ka baara kɛ n’a ye, i b’a kalan ka t’a fɛ, i b’a faamuya kosɛbɛ ka t’a fɛ.

An ka missali dɔ ta :

Nin ye nsiirin dɔ ye min sɛbɛnna papiye kan Umaru Jara fɛ, n’o ye lakɔlikaramɔgɔ ye. O nsiirin kelen in sɛbɛnna ɔridinatɛri kan :

warabilen (1)

An b’a kɔlɔsi k’a fɔ ko ci bilenman kɛlen bɛ daɲɛ dɔw kɔrɔ : Nbɛ, tuɲan, Libaabanun, mɔgɔnifin, jɛlenbɛ, naafɔ.

An d’a la fɔlɔ k’a fɔ ko mɔgɔ min bɛ sɛbɛnni kɛ ɔridinatɛri kan, o de bɛ ci bilenman kɛlen ye daɲɛ ninnu kɔrɔ. N’o tɛ, n’i ye ɔridinatɛri sɛbɛnni bɔ papiye kan, ci ninnu tɛ se tugun ! O kɔfɛ, sɛbɛnnikɛla bɛ se ka daɲɛ cilen ninnu sɛbɛn cogo ɲuman  ɲininkali kɛ ɔridinatɛri la. N’a bɛ fɛ k’o kɛ, a b’i tɛgɛ digi ɲinɛnin kininyanfan kan. Ɔridinatɛri bɛ sɔrɔ ko « N bɛ » de ka kan ka sɛbɛn « Nbɛ » nɔ na.

Nka, aw y’a kɔlɔsi k’a fɔ ko ɔridinatɛri nalonen don dɔnnin. A bɛ daɲɛ dɔw jira minnu n’a ye sɛbɛncogo kelen ye i n’a fɔ « Bɛn », ka sɔrɔ a tɛ jigin an kɔnɔ yɛrɛ k’o daɲɛ in don o yɔrɔ la kumasen in kɔnɔ. O b’a jira ko ɔridinatɛri tɛ kumasen n’a sɛbɛncogo sariyaw dɔn. A bɛ daɲɛw dɔn, u bila bilalen u dan na, nka sira min bɛ daɲɛw ni ɲɔgɔn cɛ walasa ka kumasen labɛn, ɔridinatɛri t’o dɔn : ɔridinatɛri bɛ daɲɛ ni daɲɛ jɛkulu dɔ da ɲɔgɔn ma, a ni minnu bɔlen bɛ ɲɔgɔn fɛ siginindengafe kɔnɔ. N’i « tuɲan » lajɛ, ɔridinatɛri t’a dɔn k’o ye « tiɲɛ » ko ye, nka  n’i ye « mɔgɔnifin » lajɛ, a b’a dɔn k’o ye « mɔgɔninfin » ko ye. A bɛ sɔrɔ k’o jira i la.

An bɛ se ka duguw ni jamana tɔgɔw sɔrɔ nin siginindengafe in kɔnɔ fɔ ka se kɛmɛ saaraw ma, nka an bɛ se k’a fɔ alisa ko a ma dafa fɔfɔ: an b’a kɔlɔsi yan, k’a fɔ ko ɔridinatɛri tɛ nin dugu in dɔn n’o ye Libaabanun ye,bawo a bɔlen b’a fɛ i ko dugu in tɛ diɲɛ kɔnɔ, nka, mɔgɔ min ye nsiirin bɔ, o ye dugu in tɔgɔ bila nsiirin kɔnɔ ten. Daɲɛ 15.000 bɛ sɔrɔ siginindengafe min kɔnɔ, o fana ye belebele ye. O bɛɛ la, an bɛ se k’a fɔ ko caman b’a jɛ ka d’a kan, jeliw kumatɔ la bɛ daɲɛ caman fɔ, olu t’a kɔnɔ. Baarada caman fana tɔgɔ ma tilen a kɔnɔ kosɛbɛ…An b’a ɲini sɛbɛnnikɛlaw fɛ, u k’an dɛmɛ n’olu ye walasa an bɛ se k’olu ta ba la baara nataw la.

An ka misaali dɔ ta

Nin ye sɛbɛnni ye min bɔra Tumani Yalam Sidibe ka gafe dɔ kɔnɔ. Ne de ye ɲɛw k’a la. Ɲɛ ninnu bɛ yan walasa k’a jira ko fililatilennan bɛ sɛbɛnni sariya wɛrɛw dɔn minnu jiralen tɛ u dan ma siginindengafe kɔnɔ. O la nɔgɔman dɔ ye cayalan jirali ye daɲɛw laban na ni ɲɛ ɲugujilaman ye i n’a fɔ « tungafɛtagalaw ». Daɲɛ dorokolen minnu tɛ siginindengafe kɔnɔ, nka n’olu fana ye bamanankan diyalan dɔ ye, olu bɛ ye ɲɛ nɛrɛlaman na i n’a fɔ « masirimafɛn ». kumasen labɛnni ni walew ye, olu sariya bɛ jira ni wiyolɛ ye i n’a fɔ : « kɛra », « sɔnnen ». Kɔnɔrɔ dɔw fana bɛ sɔrɔ giri la i n’a fɔ  « janjo », nka janjon tɛ. « segi » (« segilen ») na, « segin » nɔ na min bɛ sɛbɛn (« seginna ») na. Dɔ wɛrɛw bɛ yen i ko  « ya » « yamaruya » la, missali la tugun.

Daɲɛ caman bɛ yen ci bilenman tɛ minnu kɔrɔ

« Cɛmalenbugu » tɛ siginindengafe kɔnɔ. O la, ci bilenman bɛ « Cɛmalenbugukaw » kɔrɔ. Nka ci bilenman tɛ kɛ Segukaw kɔrɔ bawo bɛ siginindengafe kɔnɔ. N’i ye dugu dɔ tɔgɔ sɛbɛnko caman kɛ, n’i t’a fɛ ci bilenman ka kɛ a kɔrɔ tuman bɛɛ k’i degun, i bɛ se ka « ignorer l’erreur pour ce mot à l’avenir » (nin to a cogo la siɲɛ wɛeɛe)  ta ba la.

Ci bɛ « jagabo » kɔrɔ bawo siginindengafe bɛ « jakabo »,  dɔrɔn de dɔn. Min ye « Fɛrɛbɔ » ye, siginindengafe bɛ Fɛɛrɛbɔ jira i la o la. O la sa, nin ɲɛ in bɛɛ lajɛlen filiw latilenni tun tɛ tɛmɛ sekɔndi 3 kan.

Ko nataw :

An bɛ fɛ kanko dɔnbaga ŋanaw ka baara kɛ ni nin fililatilennan in ye kosɛbɛ walasa k’an dɛmɛ ka dɔ fara a kan. O baara ninnu misaliya dɔ filɛ: sɛbɛnnikɛla caman ka jɛ ka kitabu kelen labɛn furakɛliko kama togodaw kama (o poroze bɛ se ka lajɛ yan: http://www.dokotoro.org) – A ka kan bamanankan min bɛ o kitabu in kɔnɔ, o bɛɛ ka sɛbɛn sɛbɛncogo kelen na ka bɔ a daminɛ na fɔ a laban na! Baara bɛ se ka kɛ ni  fililatilennan in ye o poroze in na. O bɛ kɔfɛ, demisɛn minnu bɛ bamanankan kalan lakɔlisow la, olu bɛ se ka baara kɛ ni fililatilennan in ye. N’o kɛra, o b’a to an ka kunnafoniw sɔrɔ ka bɔ lakɔlisow la fililatilennan in kan, wa o bɛ diya an ye kosɛbɛ.

Anw b’an jija kosɛbɛ ka dɔ fara siginindengafe in kɔnɔkow kan. O la, aw ka hakilinaw sɔrɔli b’anw dɛmɛ o baaraw la kosɛbɛ! O baara nata ninnu na, an bɛ fɛ ɔridinatɛri ka se ka daɲɛ sugantita caman jira ni kekunya ye ka t’a fɛ. Fililatilennan ka se ka kumasen sariya filiw jira. O tamasiyɛw de filɛ nin ye ci ɲugujiman na…An bɛ fɛ ka siginindengafe dɔ fana labɛn min bɛ se ka daɲɛw kɔrɔw fɔ, a ni daɲɛ minnu n’a kɔrɔw ye kelen ye bamanankan na, … A tɔ bɛ na !

ce-jalamugufintigi

Tugusira dɔw filɛ nin ye :

Baara bɛ kɛ ni Siginindengafe ye fililatilennan in kan :

Fililatilennan Open Office, Libre Office, Néo Office… kan

Fililatilennan Firefox ani Thunderbird bataki citɔla kama Ɛntɛrinɛti kan

Kilawiye tubabukan/bamanankan naWindows kan :

Kilawiye tubabukan/bamanankan na  Mac OSX kan :

Un vérificateur orthographique pour la langue bambara

C’était une idée qui, ces dernières années, ressurgissait de temps en temps, elle a finit par voir le jour.

Écrire sur ordinateur devrait être plus facile pour les auteurs maliens. Oui mais voilà : il y a vraiment très peu de temps que l’alphabet bambara est réellement disponible, et entre-temps beaucoup de solutions ont été bricolées, incompatibles les unes avec les autres. Ceci devrait s’arranger, la solution a un nom : avec Unicode, tous les alphabets de la planète peuvent entrer dans l’ordinateur.

Au-delà de l’alphabet, il y a les mots. En bambara comme dans d’autres langues, c’est en écrivant qu’on se pose des questions : faut-il un é ou un è (en français) ? Ce mot s’écrit-il (en bambara) avec un o ou un ɔ (o ouvert), avec ny ou avec ɲ , avec un u ou avec un w ?…

Les traitements de texte d’aujourd’hui permettent de répondre à ces questions : si le mot est mal écrit, il est souligné en rouge, et l’ordinateur propose la bonne orthographe (ou plus souvent : les bonnes orthographes possibles : il faut alors choisir !). C’est ce qu’on appelle le « vérificateur orthographique », ou « correcteur » : j’hésite à employer ce mot car le « vérificateur » informatique ne remplacera jamais le métier très noble et exigeant de « correcteur », métier qui a été victime de licenciements chez la plupart des éditeurs et journaux, dont les pages sont maintenant remplies de fautes inacceptables que l’on ne trouvait pas il y a quelques années, rendant la lecture plus difficile.

Oui mais voilà : pas pour toutes les langues ! Environ 40 langues ont un vérificateur orthographique. Certaines sont même richement dotées : Pour le français, on distingue bien sûr le français du Canada… mais aussi le français du Luxembourg et même celui de Monaco ! Seules 3 langues africaines ont un vérificateur orthographique : Le swahili (langues bantoues de l’Afrique de l’Est), le shona (Zimbabwe, principalement), et le malagasy (Madagascar). Nous voici avec un tout nouveau vérificateur orthographique pour le bambara.

Il est disponible sur les traitements de texte et outils bureautiques libres et gratuit : Open Office, Libre Office, Néo Office, et sur les ordinateurs Windows, Mac, et Linux.

Qu’est-ce qui a rendu ceci possible ? D’abord l’énorme travail fait par les linguistes qui ont publié des dictionnaires et des grammaires ces dernières années : ces dictionnaires sont maintenant disponibles sur ordinateur ; les règles grammaticales de base comme les pluriels et les conjugaisons, et celles qui permettent de fabriquer des mots à partir d’autres mots, peuvent être codifiées pour être comprises par un ordinateur. Ces linguistes ont rencontré des informaticiens, tous ces gens là ont eu des rêves…  Je suis un de ces derniers, un modeste étudiant en licence de bambara, qui a une petite expérience en informatique  ( jean jacques Meric)

Comment ça marche ?

Dans l’utilisation quotidienne, un vérificateur apporte du confort : on est rassuré de ne pas laisser passer une faute d’orthographe énorme. Enfin presque toutes les fautes…

Car un vérificateur est toujours imparfait, et il vous laisse un large part de travail : bref, c’est un outil et comme tout outil il faut apprendre à s’en servir, et apprendre quand il ne faut pas s’en servir.

Prenons un exemple

Voici une page avec un conte écrit par Umaru Jara, instituteur, sur un cahier, et le même conte tapé sur l’ordinateur :

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On voit quelques mots soulignés avec une vaguelette rouge : Nbɛ, tuɲan, Libaabanun, mɔgɔnifin, jɛlenbɛ, naafɔ.

D’abord rassurons-nous : seul celui qui tape le texte sur ordinateur voit ces mots soulignés en rouge : quand on imprime, par exemple, elles ne s’impriment pas !

Ensuite, pour chacun de ces mots, l’auteur peut demander (clic droit) quelles sont les corrections possibles : ainsi l’ordinateur propose bien « N bɛ » à la place de « Nbɛ ». Mais remarquez que l’ordinateur est un peu idiot : il propose des mots qui s’écrivent presque pareils, comme « Bɛn » mais qu’on n’aurait pas idée de mettre à cet endroit dans une phrase. C’est que l’ordinateur ne reconnaît pas la phrase et sa grammaire, il ne connaît que des mots isolément, il ignore les relations entre eux : il ne fait que comparer un mot avec la liste des mots possibles dans le dictionnaire. Pour « tuɲan » il ne trouvera pas qu’il s’agit de « tiɲɛ », mais pour « mɔgɔnifin » il proposera la bonne orthographe, et elle seule : « mɔgɔninfin »

Enfin, ce dictionnaire est toujours incomplet : Par exemple ici il ignore le village (probablement inventé pour le conte) de Libaabanun, bien qu’il connaissent quelques centaines de noms de pays et de villes. Avec 15.000 mots c’est certainement un des plus complets, mais il est sûr et certain que certains mots qu’utilisent les griots manquent encore, que le vocabulaire de certains métiers est mal représenté… Nous comptons sur les écrivains pour nous les signaler, afin que nous les ajoutions aux versions futures.

Prenons un autre exemple

Il s’agit d’un extrait d’un roman très bien écrit de Tumani Yalam Sidibé. C’est moi qui ai ajouté les couleurs. Désolé ce sont des couleur criardes : Elles sont là pour montrer que le vérificateurs reconnaît bien plus que les mots du dictionnaire. Le plus simple : en vert les pluriels des mots, comme « tungafɛtagalaw ». En jaune, les mots composés qui ne sont pas dans le dictionnaire, mais qui font la richesse expressive du bambara, comme « masirimafɛn ». En violet les conjugaisons des verbes : « kɛra », « sɔnnen ». En gris, les variantes acceptées : « janjo » au lieu de « janjon », « segi » (dans « segilen ») au lieu de « segin » (utilisé plus loin dans « seginna »). Il y a bien d’autres choses, comme le « ya » de « yamaruya » par exemple en ocre.

Très peu de mots sont soulignés en rouge

« Cɛmalenbugu » n’est pas dans le dictionnaire, donc « Cɛmalenbugukaw » est souligné en rouge, mais Segukaw ne serait pas souligné en rouge, car Segu est dans le dictionnaire. Si on utilise beaucoup ce nom de village dans le texte et qu’on en veut pas être dérangé par le  « souligné en rouge », on peut tout de suite indiquer « ignorer l’erreur pour ce mot à l’avenir ».

« jagabo » est souligné car le dictionnaire ne connaît que « jakabo », et pour Fɛrɛbɔ, le vérificateur propose Fɛɛrɛbɔ… La correction de cette page ne demanderait donc pas plus de 3 secondes.

L’avenir

Nous aimerions beaucoup que les auteurs en langue bambara utilisent ce correcteur et nous en parlent, afin de l’améliorer. Un bon exemple d’utilisation : plusieurs auteurs pour un seul livre de médecine au village (voir le projet : http://www.dokotoro.org) – il est donc important que le bambara soit écrit de la même façon du début à la fin du livre ! Le vérificateur peut être utile pour ce projet. Nous pensons également que, bien encadré par les professeurs, son utilisation peut être utile aux élèves qui apprennent le bambara à l’école ; nous serions ravis d’avoir des nouvelles directement de la salle de classe !

De notre côté nous continuerons d’augmenter le dictionnaire (avec votre aide!), d’apprendre à l’ordinateur à proposer plus intelligemment la bonne orthographe, et nous rêvons à une suite avec correcteur grammatical (erreurs soulignées en vert)… Nous aimerions également proposer un dictionnaire, c’est à dire la possibilité en cliquant sur n’importe quel mot du texte, d’avoir accès à son sens (si possible, en bambara!), à ses synonymes, … A tɔ bɛ na !

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Quelques liens

Le dictionnaire (celui utilisé pour le vérificateur) est en ligne sur le site du Corpus bambara de référence

Le vérificateur pour Open Office, Libre Office, Néo Office…

Le vérificateur pour Firefox (navigateur web) et Thunderbird (email)

Un clavier français/bambara pour Windows :

Un clavier français/bambara pour Mac OSX :

Journée internationale de l’alphabétisation, édition 2013 au Mali

DSCN1972Chaque année, à l’instar des autres pays, le Mali célèbre le 8 septembre, la Journée Internationale de l’Alphabétisation. La cérémonie du lancement de l’édition 2013 a eu lieu ce vendredi 27 septembre 2013 au Centre de Conférence Internationale de Bamako au Mali, sous la Présidence de Madame le Ministre de l’Education Nationale, Mme Togola Jacqueline Marie Nana. Etaient présents à cette cérémonie,  plusieurs membres du gouvernement et les représentants de l’UNESCO.  Le thème de cette année est : Alphabétisation, facteur de la consolidation de la paix et du processus démocratique.

Le Mali a encore beaucoup à faire dans le domaine du développement de l’alphabétisation et de la promotion de nos langues.

Dans son allocution, Madame le Ministre de l’Education nationale, Mme Togola Jacqueline Marie Nana, est revenue sur les différents sentiers de l’alphabétisation dans les différents domaine dans notre pays avant d’ajouter que malgré ces efforts consentis par le Gouvernement et les partenaires au développement, beaucoup restent à faire car, la majorité de la population malienne restent encore analphabète, surtout les femmes.

Les différentes activités de cette cérémonie ont toutes démontré l’importance de l’alphabétisation dans le domaine sociopolitique et économique de notre pays.

L'assemble instrumental du Mali

L’assemble instrumental du Mali

A travers des chants et danses dans la salle, l’assemble instrumentale, un groupe musical nous rappelait les bienfaits et l’importance de développement et de la promotion des langues africaines.

Hymne national du Mali en Bambara

Même ceux qui ne comprenaient pas bambara, notamment nos amis étrangers qui étaient parmi nous, savaient que ce qui est en train d’être chanté par les braves femmes de la Coordination des Associations Féminines du Mali (La CAFO) et qui fait vibrer les fibres du cœur humain  de par son rythme, était bel et bien l’hymne national du Mali en Bambara. Pas seulement en Bambara, mais l’hymne du Mali est écrit et chanté en plusieurs langues du pays et appris aux enfants dans les écoles par Région et par aire linguistique. (A voir ici le texte en Bambara.)

Cette femme alphabétisée ne se laisse pas être trompée par ce soninké au gros sac dans les  activités économiques.

Dans cette présentation en bambara par la troupe  Gnogolon, une troupe renommée au Mali dont vous voyez la vidéo, ce soninké à grand sac tente de tromper cette femme sur une somme lors d’un achat. Il dit avoir oublié 30.000 F CFA avec la femme sur la somme normale versée. Mais, cette dernière, sachant lire, écrire et calculer en bambara, ne se laisse pas faire. Elle dit tout de suite au Monsieur  qu’elle a écrit tous les achats que ce dernier a effectué avec elle et finit par avoir raison sur lui. Il pensait avoir une proie facile. Surpris, le Monsieur lui demande comment il arrive à calculer correctement comme ça et à la femme de lui répondre qu’elle a suivi des cours d’alphabétisation. Regarder la vidéo en bambara.

Apprendre une autre langue nationale en plus de sa langue maternelle est un facteur de paix et de la compréhension au sein du foyer et de la cohésion sociale.

Dans cette troisième vidéo, la troupe Gnogolon retrace les difficultés qui peuvent surgir au sein d’une famille quand les membres sont réunis par le lien de mariage, mais ne parlent pas les mêmes langues. Ici, la scène est autour d’une femme bambara, la nièce du Monsieur en boubou. Elle est mariée au fils de cette femme sonrai. Le mari est parti à l’aventure. Sa femme et sa mère vivent ensemble dans la famille. La belle-fille ne sachant pas parler sonrai, elle a des difficultés d’échanger avec sa belle-mère. Cela a amené une rupture de dialogue entre les deux personnes car pour la belle-mère, sa belle fille refuse de lui parler. Les parents de la fille sont informés. Ainsi, ce jeune homme sert d’interprète entre l’oncle de la fille et la mère du garçon pour voir les choses plus claire et essayer d’apporter une solution. Ils finissent par se comprendre et comme solution, la fille doit apprendre la langue sonrai, solution pour bonne cohabitation avec son mari et ses beaux-parents.

Aussi, la présentation d’un petit film dans la salle sur les citoyens maliens qui ont pu se faire une place sur le marcher de l’emploi a permis de convaincre tout le monde sur l’importance de l’alphabétisation pour faire régresser le chômage dans le pays.

Nous venons de passer une très belle matinée de cérémonie du lancement de la journée internationale de   l’alphabétisation, si j’avais une recommandation à faire, ce serait de demander aux autorités compétentes de notre pays et aux partenaires au développement, de penser pendre en compte nos langues dans le domaine des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication. Si Internet devient incontournable dans tous les domaines de la vie, elles constituent incontestablement aujourd’hui, un outil précieux pour le développement et la promotion des langues africaines. Nous vivons aujourd’hui dans un monde globalisé où toutes les langues ont leurs places comme véhicules de l’identité culturelle et le témoin de l’originalité. Plus de frontière entre les continents ainsi qu’entre les langues grâce à Internet. De même, les nôtres ne doivent plus seulement servir de l’oralité, mais d’outils de travail pour tout le monde et cela, avec les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication. Si nos pays africains sont appelés auparavant les pays sous-développés, aujourd’hui, les pays en développement, nos langues sont également appelées aujourd’hui en ligne et partout dans les conférences, les langues sous-développées et bientôt aussi, les langues en développement ! Vont-elles rester longtemps avec celle appellation? Oui, si nous continuons à nous battre nuit et jour pour le développement et la promotion de ces langues sans les prendre en compte dans le domaine des TIC parce que leurs impacts positifs dans le développement sociopolitique et économique resteront inconnus à travers le monde!

Les matériels ne manquent pas, les ressources humaines ne manquent pas, il suffit juste d’une volonté politique forte et engagée pour que nos langues poussent et se développent pour servir au mieux, les citoyens du monde.

Il n’y a plus de doute que nous poussions bien travailler sur Internet avec des claviers et logiciels développés  pour nos langues  comme par exemple par  SIL Mali.

J’ai tout le plaisir d’animer mon blog en bambara comme je veux sans aucune difficulté de faire la saisie de mes textes dans cette langue.

Voici un exemple de phrase en Bambara sur Facebook:

un exemple de phrase en Bambara sur Facebook

un exemple de phrase en Bambara sur Facebook

Traduction: Hollande a rendu hommage aux soldats français et tchadiens tombé sur le champ de bataille au #Mali

Voici également un exemple de phrase en bambara sur twitter:

Un exemple de tweet en Bambara

Un exemple de tweet en Bambara

Traduction: S’il plait à Dieu, nos langues laisseront une trace un jour.

Il existe également des dictionnaires dans plusieurs de nos langues africaines comme ici en Français-Bambara, en Français-Wolof-Bambara

Capture.PNG3Des initiatives nobles et nécessaires naissent et grandissent en faveur de nos langues en ligne. Ainsi, grâce aux efforts de  Jean Jacques Meric, un Français qui lutte beaucoup pour la valorisation de nos langues, va bientôt finir avec la conception d’un vérificateur d’orthographe en Bambara pour libre Office.

Scrabble en bambara bientôt disponible

Scrabble en bambara bientôt disponible

Un scrabble en Bambara sera également bientôt disponible toujours  grâce aux efforts de jean Jacques Meric . Cela permettra non seulement de découvrir plus de mots, de lutter contre la disparition des mots, des noms et expressions, mais ce sera également un outils d’apprentissage par jeu par les enfants et même par tout le monde.  (une première mondiale… à mon avis).

Une autre bonne nouvelle, c’est bientôt l’existence de kiwix (l’encyclopédie mondiale numérique, wikipédia consultable hors ligne) en Bambara pour ordinateur et pour androide sur téléphone. Nous devons encourager, féliciter et soutenir toutes ces personnes qui travaillent sur nos langues d’une manière volontaire dont la plupart ne sont pas d’ailleurs africains.