Les valeurs de certains objets dépendent de son sens sociétal au village

Une maison ancestrale au village

Une maison ancestrale au village

 Oui, la valeur de cet objet traditionnel ne concerne plus son rôle ou sa beauté, mais du sens  que lui donne son propriétaire qui dit :

 « c’est un des héritages de mon père que je garde après  sa mort. C’est un grand souvenir pour moi. »

 Que l’âme du père de ce jeune que j’ai rencontré dans la Région de Mopti repose en paix. Dans  cette famille, à côté des belles maisons traditionnelles qu’occupent le jeune et ses deux  femmes, se trouvent une très vieille maison qui a suscité ma curiosité. La causerie sur  l’importance des traditions et de la culture dans ce monde moderne pour un jeune rural nous  a conduits jusque dans la vieille maison vide il y a des années.

 Avec fierté et insistance, le jeune homme m’a expliqué ce qu’est cet objet suspendu et  pourquoi il le garde.

 L’objet suspendu est appelé Jakumajuru en bambara (la corde du chat). Il sert à garder les  objets contre les chats dans la maison comme le lait, le poisson grillé (les condiments de la  semaine gardés) par les vieilles. Les vieux utilisent également cet objet pour garder certains  objets d’homme.

« Je garde cette maison et cet objet comme héritages et souvenir mon père, comme souvenir pour l’esprit de mon défunt père et dans les jours à venir, je les montre à ses petits enfants qui sont mes enfant »,

explique le jeune avant d’ajouter :

« je ne garde pas cette maison et cet objet parce qu’ils sont beaux, mais parce qu’ils jouent un rôle important dans ma vie. Ils sont des repères pour moi et quand je les laisse disparaître, je ne pourrais plus rien montrer pour dire que mon père a vécu ici. C’est ça, leurs valeurs et à cause de ces valeurs là, j’aime cette maison plus que ces nouvelles maisons que tu vois à côté ! »

Oui, le jeune était motivé dans ses explications parce qu’il voyait sur les yeux de son interlocuteur, un grand intérêt accordé à ce qu’il dit. Oui, j’accordais de l’importance à ce qu’il dit et cal non seulement parce que ces propos m’intéressaient, mais également parce que c’est qui se doit. Quand quelqu’un te parle, il faut le considérer, il faut l’écouter attentivement, il faut lui monter que tu donnes une place dans ton esprit à chaque phrase qu’il prononce, même si cela a aussi tendance à disparaître aujourd’hui une fois qu’on sent que ce que l’autre dit ne nous apporte pas beaucoup financièrement dans ce monde de matériels ! ET surtout que qu’il disait m’apportait beaucoup. Le jeune continue son récit en ajoutant :

« Mon amour familial prend en grande partie son origine dans cette maison parce que c’est là que j’ai fais mon enfance, c’est dans cette maison que je me rappelle de ma petite enfance, de la place de mes habits, de mes chaussures, de mes jouets et c’est tout cela qui rattache un Homme à sa famille, à son village… Mais, je ne retrouve aucun de ces sentiments dans ces nouvelles maisons que j’ai construites moi-même. »

Ça a été une très belle causerie engagée où le temps, ennemis des bons moments est venu mettre fin à tous ces récits au crépuscule, le moment qui devait coûte que coûte me trouver chez mon tuteur selon les traditions que j’ai aussi respectées.

Un système de Fast Food au village ?

Système de Fast Food au Village.

Système de Fast Food au Village.

Chez les dogons, on ne finit pas de découvrir ces petits trous sur les collines basses aux alentours des villages ou dans la forêt. Un système de Fast Food au village ? Oui, peut-être parce que ces trous servent à moudre les grands de mil.

Quand tu es dans la forêt ou aux alentours du village ou dans la forêt et que tu as faim, mais le repas n’est pas encore prêt, tu es à côté d’un champ mûr non récolté, tu enlève des grains secs sur quelques épis. Tu déposes les grains dans ces trous et tu les mouds avec une pierre moyenne. Cette poudre de mil que tu produits, tu la manges, tu bois de l’eau et tu continues avec ton travail ou ton besoin avant que le repas réel ne soit prêt. Si tu as avec toi du bol, du piment, du sucre et de la poudre du pain de singe , alors, tu les mélanges et voici un repas bien fait en quelques minutes.

 

La pierre à moudre (le moulin traditionnel)

Le moulin traditionnel

Le moulin traditionnel

Le moulin traditionnel, c’est cette grosse pierre creuse au milieu et une autre petite pierre toujours posée à côté, qu’on retrouve généralement dans les cuisines en milieu rurale. Il sert à moudre les grains d’arachides grillés pour faire de la sauce d’arachide et des grains de mil pour faire de « la crème de mil » La crème de mil, c’est les grains de mil écrasés et mélangés avec le pain de singe ou avec du lait. On retrouve ici sur commons.wikimedia, un autre type de “moulin traditionnel retrouvé à Bamba.

En milieu rural, «la crème de mil» est préparée et consommée entre le déjeuné et le repas du soir surtout par les enfants et les vieilles personnes qui ne peuvent pas tenir longtemps devant la faim. Aussi, quand un étranger arrive dans une famille au village, on considère qu’il est épuisé et qu’il a faim et soif. On cherche d’abord à lui donner à boire et à manger et enfin, lui donner une place pour se reposer avant de continuer s’il est de passage (comme demande l’hospitalité malienne.) Quand l’étranger arrive avant que le repas ne soit prêt, une femme de la famille se met à la tâche. Elle se lève, moud des grains de mil avec « ce moulin traditionnel » et prépare de la « crème de mil » en quelques minutes pour l’étranger. Cela permet à ce dernier de calmer sa faim avant que le repas ne soit prêt.

Utilisation du moulin traditionnel

Utilisation du moulin traditionnel

Aussi, dans certaines familles au village, il est interdit par le chef de famille de faire entendre les bruits de pilon la nuit (à partir du crépuscule jusque le lendemain matin). S’il se trouve que la femme qui fait la cuisine est en retard un jour et qu’elle doit piler des condiments comme du sel ou autre condiments à moudre, elle se sert de la « pierre à moudre » et non du mortier et du pilon.

Comment ce moulin traditionnel marche ?

On verse les gains de céréale dans la partie creuse de la grosse pierre, on pose la petite pierre sur les grains, avec des mouvements de va-et-vient de la petite pierre, on arrive à transformer la céréale en poudre ou en patte (si c’est de l’arachide grillé).

Cet outil, plus utilisé dans les villages, faisait partie du trousseau de la nouvelle mariée même s’il a tendance à disparaitre de nos jours.

On le retrouve encore dans certaines familles dans les localités rurales, mais très rarement. Il est important de préciser que « la pierre à moudre » n’est pas quotidiennement utiliser, mais d’une manière occasionnelle pour ces rôles cités.

Ce que dit le chant du coq pendant le crépuscule au village

Photo tirée de Google.

Photo tirée de Google.

Dans les villages, qu’une fille tombe enceinte, est très mal apprécié ! C’est très humiliant non seulement pour la fille elle-même, mais également pour toute sa famille. C’est pourquoi, dès qu’une fille tombe enceinte, elle commence par avoir de grands soucis et tente toujours de cacher cette grossesse, même si elle sait que tôt ou tard, les gens découvriront. Au moment où personne ne pense d’ailleurs à cela, les coqs, ennemis ou jaloux de la fille enceinte (je ne sais pas), dévoilent le secret soir !

Que signifie le chant d’un coq pendant le crépuscule ?

 

Habituellement, les poules se couchent très tôt le soir et ne chantent qu’au l’aube le lendemain matin. Sur ce plan, les coqs constituent d’ailleurs un repère pour ceux qui doivent se lever tôt le matin pour leurs besoins. Mais dès qu’un coq chante pendant le crépuscule dans une famille, les vieilles personnes, assises disent : « houn » en signe d’inquiétude et de peur parce que le coq vient d’annoncer qu’une fille est enceinte dans les parages. Du coup, les enquêtes commencent en douce par les vieilles personnes pour savoir de quelle fille il peut s’agir. Toute la journée le lendemain, dans la totale discrétion, les villes personnes mettent en pratique leurs systèmes traditionnels d’analyses et finissent par connaitre avant la fin de la journée, la fille concernée par l’annonce du coq. C’est connu, alors la maman de la fille devient inquiète car son enfant vient de commettre une grosse erreur. Alors, une grand-mère se charge de demander la fille enceinte avec des techniques de questions propres à elles et la fille finit par avouer qu’elle est effectivement enceinte, mais la plupart d’entre elles ne trouvent pas le courage de dire directement le nom de l’auteur, mais qui sera tôt ou tard connu…

 

 

 

Geste de reconnaissance des jeunes envers leurs beaux parents pendant la fête de tabaski au village

Les jeunes garçons en visite chez leurs fiancée pendant la fête de tabaski.

Les jeunes garçons en visite chez leurs fiancée pendant la fête de tabaski.

Dans les villages maliens, il est de coutume que les jeunes garçons aillent rendre visite aux parents de leurs fiancées pendant la fête de tabaski.

Le lendemain de la fête de tabaski est une journée mouvementée dans les villages. Les jeunes garçons se font accompagner par leurs amis pour aller saluer les parents de leurs fiancées. Si plusieurs d’entre les amis qui composent le groupe sont fiancés, le groupe se rend village après village chez les parents de chaque fiancée. S’il se trouve qu’ils ne pourront pas faire le tour de tous les villages le même jour, ils forment plusieurs groupes et chaque groupe fait des villages. Généralement, les fiançailles sont faites dans le même village ou dans les villages voisins. Que le garçon soit dans le même village que sa fiancée ou que la fiancée soit dans un autre village, ce sont les mêmes pratiques. On assiste alors aux arrivées et aux départs de groupes de jeunes garçons pour rendre visite à leurs beaux parents. Des coups de fusils traditionnels qu’ils tirent sans bals au milieu du village annoncent leurs arrivées et leurs départs. Chaque groupe se dirige vers sa famille hôte et se fait accompagner par le démarcheur, un membre de cette famille, chez la fiancée où se trouvent déjà regroupés, les chefs de famille du village ou du quartier.

En ce moment, on n’entend que des « bienvenues » et des « au-revoir » entre les jeunes garçons et les femmes (les mères et des tantes des fiancées) regroupés généralement sous un arbre prêt de la cuisine. Quand on voit ces femmes murmurer à l’arrivée des jeunes, sans doute, c’est que celles qui le connaissent sont en train de montrer en cachette, le fiancé lui-même parmi les jeunes garçons, tous généralement habillés en boubou en signe de respect, aux autres femmes qui ne le connaissent pas encore. Après le groupe de femmes, les jeunes garçons arrivent au niveau des hommes, les chefs de famille assis sur les nattes à l’attente de leurs gendres. Une salutation sans fin s’engage entre les deux groupes d’hommes avec des mots de gentillesse et de considération dans tous les domaines. Ce qui est drôle dans tout cela, c’est que ceux qui viennent d’autres villages et ceux dont les fiancées se trouvent dans le même village qu’eux sont salués de la même façon : «comment allez-vous ? Comment vont vos pères, vos mères, vos frères, vos sœurs, vos voisins, tous habitants de votre village ? Comment se trouve la pluviométrie chez vous ? Les beaux parents, comme en signe de considération ajoutent: « Vous devez être fatigués hein à cause de la distance et le mauvais état de la route! » Habitués, les jeunes savent répondre à tout cela.

Après les salutations, les jeunes et leur compagnon, le démarcheur, prennent place sur des nattes étalées pour l’occasion à côté des vieux sous un arbre ou un hangar. Le démarcheur annonce le but de l’arrivée des jeunes et ils procèdent à se faire des bénédictions et se demandent pardon à cause de cette journée de tabaski. Tout cela se passe en chœur entre les jeunes et les vieux qui parlent presque tous ensemble. Après ce moment de socialisation, le démarcheur remet aux vieux, les 22 grosses noix de cola et un billet de 500 ou de 1000 Francs CFA. Les deux noix de cola sont remises au démarcheur lui-même (cela est de coutume également) et les 20 sont partagées entre les beaux parents. Les 500 ou 1000 Francs CFA sont remis à une des femmes de la famille pour les remettre à la fiancée pour ses frais de tresse. A noter ici que c’est juste un geste symbolique (pour ceux qui vont penser que 500 ou 1000 fracs sont trop peu pour se tresser). A noter également que toute cette pratique est coutumière, sinon, effectivement, 500 ou 1000 Francs CFA suffisait pour une fille de se faire tresser au village. Généralement, avec les anciens modèles de tresse, les femmes ne paient pas. Elles savent toutes tresser et se le font mutuellement.

Toutes ces étapes passées, des taquineries commencent entre certains vieux et le fiancé de la fille si le mariage est parental. Il se trouve des fois que le fiancé soit un petit-fils d’un des vieux sur place. Quand les différentes taquineries finissent, le démarcheur demande la route pour quitter avec ses étrangers. Du matin au soir du lendemain de la fête de tabaski, les jeunes garçons font tout pour faire le tour des villages où ils doivent se rendre. Ils ne peuvent pas attendre le troisième jour de la fête parce qu’aller saluer tes gendres le troisième jour de la fête, c’est comme tu ne leur accordes pas assez d’importance.

Bonne fête à toutes et à tous.

Effets climatiques : les paysans de la Région de Ségou s’inquiètent

Du fumier dans un champ au village

Du fumier dans un champ au village

 » Nous commençons à nous inquiéter. Nous n’avons pas encore reçu de quantités de pluie nous permettant de commencer à semer alors que nous tendons vers la fin du mois de juin. Nous ne savons vraiment pas comment expliquer cela », s’exprime Karamoko en ces termes. Karamoko est un jeune paysan de 41 ans de la commune rurale de Cinzana-Gare. Il vient de rentrer de la Côté d’Ivoire pour les travaux champêtres.

Karamoko est un ami du village. De temps en temps, je lui téléphone pour prendre les informations sur la situation hivernale dans la Région de Ségou. La communication de ce soir n’a pas été aussi agréable parce que  Karamoko avait un langage un peu désespérant par rapport à la condition pluviométrique. Selon lui, l’an passé, cette période a trouvé qu’ils avaient déjà commencé la semence, mais cette année, ce n’est pas encore le cas parce qu’ils n’ont eu aucune quantité de pluie leur permettant (je cite) :  » de  mettre les grains dans les trous au champ. » Selon Karamoko, toutes les conditions habituelles sont réunies pour commencer à semer : Les cigognes sont là, les petits insectes indicateurs de la période hivernale ont pris leur couleur rougeâtre, le vent se dirige vers l’Est la nuit, les petites pluies fines permettent aux termites de ronger les anciennes tiges et aux petites herbes de pousser sont tombées.  Plusieurs fois vers le petit soir, le ciel devient nuageux, on espère et du coup, un vent frais se dirigeant vers l’Ouest balaie les nuages et le ciel devient encore claire sans faire tomber aucune goûte de pluie. Nous attendons vraiment de la pluie avec impatience et dès qu’il pleut, on va commencer les travaux champêtres avec force pour tenter de rattraper ce temps perdu.

Plus Karamoko parlait, plus j’avais peur et j’ai du coup pensé  aux effets du changement climatique que les paysans au village ne connaissent pas.  Ce qui fait qu’il est difficile pour eux et pour moi de connaitre les causes et les conséquences de ce retard dans les activités hivernales. Ainsi, après avoir raccroché avec Karamako, j’ai directement appelé M. COULIBALY, ingénieur agronome à la station de recherche agronomique de Cinzana –Gare pour qu’il nous donne des explications claires par rapport à cette situation qui inquiète beaucoup.

Selon lui,  ce retard de pluie est dû aux effets du changement climatique et que les paysans n’étant pas suffisamment informés sur ce sujet, ils ne peuvent pas comprendre. Les paysans utilisent toujours les indicateurs naturels et traditionnels pour se situer par rapport au temps. Mais, à cause du changement climatique, ces indicateurs ne répondent plus correctement, ce qui fait qu’ils s’inquiètent dès qu’ils sortent de ce délai. Selon toujours M. COULIBALY, il n’y a pas lieu de s’inquiéter parce que pour le moment, il n’y a aucun signe indiquant un danger. Il va commencer à pleuvoir, les paysans vont semer et les champs seront à jour, c’est juste un décalage dans le temps.

Cette réponse de l’agronome m’a rassuré et a rassuré karamoko quand je l’ai appelé pour lui donner ces explications.

Vous pouvez aussi en commentaires, donner vos points de vue que je vais partager avec les paysans au village.

Afripédia continue son chemin dans les écoles rurales au Mali

Le village de Guelekoro au Mali

Le village de Guelekoro au Mali

Comme signalé au milieu de mon précédent billet sur ce sujet, l’idée d’installer Afripédia sur des machines dans les écoles est une très grande aide pédagogique pour les enseignants et les élèves.  L’installation continue dans les écoles, des formations à l’utilisation d’Afripédia sont en cours de préparation pour 20 enseignants de deux écoles à Bamako (nous souhaitons que ça réussisse) dont dix enseignants dans chacune des 2 écoles qui à leur tour, formeront leurs collègues.

Un enseignant du village expérimentant Afripédia avec @fasokan

Un enseignant du village expérimentant Afripédia avec @fasokan

D’ici la réussite de cette formation, j’ai voulu davantage  me rendre compte de l’avis d’un enseignant rural et de la manière dont Afripédia pourra l’aider dans les activités pédagogiques à la maison et en classe. C’est dans ce sens que de passage à Guelekoro, un village de la commune rurale de Ouelessebougou, j’ai passé quelques heures avec un enseignant et son Directeur dans sa classe.  Il n’avait jamais touché le clavier, mais après mes explication sur comment taper sur un ordinateur et comment faire une recherche dans la barre de recherche sur Afripédia.

voici la première recherche Monsieur l’enseignant : le squelette humain. Il a été impressionné par la

Résultat de la recherche sur le squelette humain sur Afripédia dans un village.

Résultat de la recherche sur le squelette humain sur Afripédia dans un village.

clarté des images et les détails donnés sur ses images qui correspondent à sa leçon et il dit : « cet outils, si nous l’avons à notre disposition, c’est une très grande aide pour nous. Il nous facilitera aidera beaucoup dans nos activités pédagogiques et surtout les recherches pour la préparation des

Le vélo dessiné par l'enseignant pour dispenser son cours

Le vélo dessiné par l’enseignant pour dispenser son cours

fiches pédagogiques sans lesquelles, l’enseignant ne peut jamais faire un bon travail. » Il ajoute : « l’outil pourrait mieux m’aider à faire ce dessin et à avoir plus d’idée pour dispenser ma leçon sur le vélo dont vous voyez le dessins au tableau. Oui, j’ai dessiné, j’ai bien fait la leçon, mais, il n’y a jamais trop de document pour un enseignant soucieux de donner de bons produits. Cet outil ajouté aux livres que nous avons ici, nos soucis de documentation sont terminés ! Il est comme une bibliothèque, surtout pour nous les enseignants de la brousse qui n’ont pas facilement accès à la documentation comme les enseignants de la ville. Si ce n’est pas le manque d’ordinateur ici chez nous, je dirais que cet outil nous est spécifiquement destiné. »

Arrêté à côté  de nous, mois bavard mais très intéressé,  tous les dits de l’enseignant ont été confirmés par le Directeur de l’école qui ajoute qu’il n’y a vraiment pas de doute que cet outil doit être le compagnon de l’éducation.

Ce que je regrette ; c’est que l’outil ne pouvait pas rester avec eux parce que c’est sur mon ordinateur que nous travaillions.  Oui, il n’y avait pas d’électricité, mais l’autonomie de la batterie nous a permis de faire cette démonstration, mais je souhaite que ce village ait son ordinateur doté d’Afripédia.

Citoyen rural chôme difficilement en ville

Un vélo garé avec un tas de foin. Le propriétaire se repose.

Un vélo garé avec un tas de foin. Le propriétaire se repose.

 

Les jeunes ruraux, à la recherche de meilleures conditions de vie, quittent les villages pour  les villes après les récoltes.  Ils y passent quelques mois avant de retourner dans les champs au village  à l’approche de l’hivernage. A leurs arrivées  en villes, les jeunes ruraux ne pensent qu’à une seule chose : travailler dure et avoir de l’argent pour retourner au village au temps opportun pour aller travailler dans les champs. Voici un exemple d’activité pratiquée par un de ces jeunes.

Beaucoup de familles aisées font petit élevage à Bamako. Pour cela, elles ont besoin de l’aliment bétail traditionnel comme le foin en plus des aliments bétails industriels qu’elles achètent pour leurs animaux. Pour cela, des jeunes ruraux en ville ont pour activité d’aller ramasser du foin dans la forêt très loin de Bamako et revenir le vendre aux éleveurs. Pour cela, ils parcourent des dizaines de kilomètres en vélo entre Bamako et les villages où ils partent ramasser le foin dans la forêt. Les voir à leur retour, on voit très bien que c’est un travail pénible : parcourir plusieurs dizaines de kilomètres à vélo avec une très grosse charge sur de très mauvaises pistes, des fois en remontant des collines, ce n’est pas chose aisée ! Mais, les jeunes ruraux ne voient pas cette fatigue car ils sont animés d’une seule pensée: travailler et gagner à la sueur de leurs fronts.

Arriver à Bamako avec ce grand tas de foin, il en fait des petits tas et tout est rapidement acheté par les éleveurs en Bamako. Des fois, la demande est supérieure à l’offre. Même si ce sont des petites monnaies qu’il ramasse, le jeune rural économise son argent et retourne satisfait au village à la fin de la saison.

Agriculture Ségou : les champs sont au rendez-vous

Un bon champ de petit mil au village de Bamoussobougou

Ce champ de petit mil au village de Bamoussobougou dans la commune rurale de Cinzana-Gare dans la Région de Ségou nous donne de l’espoir pour une future autosuffisance alimentaire cette année. Nous ne sommes pas encore en période de récolte, mais la qualité des champs donne de bonnes impressions. Cela fait des années qu’on n’y voyait pas des tiges de mil si robustes et des feuilles toutes vertes à cause de la mauvaise pluviométrie. Et, de Bamako à Ségou, en voyant les champs, nous pouvons garder de l’espoir parce qu’il pleut abondamment et nous souhaitons qu’il pleuve convenablement jusqu’à la période indiquée.

Epi de petit mil

Cet épi de mil est une source de joie et de bonheur pour le paysan au village. Les houes sont déposées, mais cela n’empêche pas le paysan de passer de temps en temps observer son champ pour se faire une idée de ce qui va être la récompense de tout son effort à la récolte. Cette récompense, ce sont les épis qui la prédisent car, le paysan peut déjà se faire une idée de son futur avoir à travers la qualité des épis dans le champ. Cette année, quand il continue à pleuvoir convenablement comme souhaité,  nous pouvons dire que la famine que nous avons vécue toute l’année, va peu à peu disparaitre. C’est ce qu’on entend sur tous les lieux de causerie au village aujourd’hui.

 

Tiges de gros mil au village de Bamoussobougou

Je me rappelle encore qu’au moment où la pluviométrie était bonne au Mali, il n’était pas facile pour un jeune garçon de casser la tige du gros mil pendant la récolte. Ce n’était plus le cas il y a des années parce qu’il ne pleuvait pas beaucoup et toutes les tiges étaient grêles. Cette année, il a pour le moment plu convenablement et les tiges de gros mil sont très robustes et cela donne de l’espoir pour une bonne récolte. C’est pourquoi là où nous sommes, au village, rare sont des chefs de famille qui ne font pas un ou deux tour dans leurs champs parce qu’ils sont toujours content à chaque qu’ils voient ces tiges de mil robustes avec des feuilles toutes vertes que le vent fait danser.

Les épis de gros mil

Gros mil, qu’on appelle « Keninke » en Bambara, est aussi appelé « Kounsouli » (tête base) parce que quand ça produit bien, le poids des grains font que les épis sont dirigés vers le bas et cette année, c’est cas dans tous les champs de gros mil. C’est pour quoi, même si je ne suis pas ingénieur en agronomie, j’ai quand même compris que la force de la tige du mil est faite en fonction du poids de l’épi qu’elle va supporter et bientôt, ces épis vont diriger vers le bas ! Et, cette année, on a l’impression que le gros mil et le petit mil sont en compétition pour remplir le fond du grenier et cela est un grand bonheur pour le cultivateur.  Cette jalousie entre les espèces cultivables  est une opportunité pour le paysan de remplir le grenier et d’assurer l’autosuffisance alimentaire dans son foyer. Non, pas seulement le pays, même ceux qui sont en ville et qui ne comprennent rien quand on dit que « le sable a crié » parce qu’il a beaucoup plus ! D’ailleurs, c’est dans l’intérêt de tous !

Champ de gombo au village

Le gombo qui sert de sauce est également dans la course a aussi engagé toutes ses vitesses pour qu’on n’arrive pas à dire que les marmites ont faim parce qu’il n’y a pas de sauce. Il a déjà devancé les autres parce qu’on a déjà commencé à le consommer frais au village.

Une plante de haricot

Le haricot n’est pas au rendez-vous pour les Coulibaly, les Touré, les samaké, les Sogoba et les peuls. Le haricot est une des plantes au village qui mûrissent vite et qui facilité la période de soudure pour les paysans. Contrairement aux autres années, le haricot à présent n’a pas produit à cause da l’abondance des pluies. Il a beaucoup plu et le haricot n’a pas pu avoir au moment indiqué, la chaleur qu’il avait besoin fleurir.

Je souhaite de tout mon cœur, que les champs soient ce que nous tous souhaitons pour que l’autosuffisance alimentaire soit assuré au Mali, en Afrique et partout dans le monde.